A part les cyniques endurcis, personne ne souhaite que la crise entre la Grèce et ses créanciers dégénère en débâcle d’où ne sortiraient que des perdants. Pourtant, dans un remake de « La Fureur de vivre », les deux bagnoles sont lancées à fond, un des concurrents a sa manche coincée dans la poignée de la porte et le précipice n’est plus qu’à quelques mètres.
Après des mois de négociations tendues, insatisfait de ce qu’il a obtenu, le gouvernement grec a annoncé in extremis qu’il va soumettre le résultat à un référendum populaire, dans un délai d’une semaine, et en recommandant aux citoyens de voter non. De leur côté, les créanciers (européens pour la plupart) font savoir que les négociations sont interrompues, et leur offre caduque dès le 30 juin. Il n’est pas certain que ce soit vraiment leur dernier mot, mais arrêtons-nous sur ce moment particulier.
L’intransigeance des Européens est « intenable face aux peuples d’Europe et au prochain référendum britannique », affirme sur Facebook mon ex-collègue Benoît Couchepin: « l’avis des gens, on s’assoit dessus? », ajoute-t-il. Je ne le pense pas. A vrai dire, c’est plutôt à Athènes qu’à Bruxelles que surgit un dysfonctionnement démocratique. Lire la suite…