Dada

Dada

« A Zurich, désintéressés des abattoirs de la guerre mondiale, nous nous adonnions aux Beaux-Arts. Tandis que grondait dans le lointain le tonnerre des batteries, nous collions, nous récitions, nous versifiions, nous chantiions de toute notre âme. Nous cherchions un art élémentaire, susceptible pensions-nous, de sauver les hommes de la folie furieuse de ces temps. Nous aspirions à un ordre nouveau qui pût rétablir l’équilibre entre le ciel et l’enfer. Cet art devint rapidement un objet de réprobation générale. » (Hans Arp, « Dadaland »)

5 février 1916, ouverture du cabaret Volaire: « Le local était archicomble, beaucoup n’ont pas trouvé de place. Vers 6 heures du soir, alors qu’on était encore en train de clouer et de coller les affiches futuristes, une délégation à l’aspect oriental est arrivée, composée de quatre petits bonshommes, cartons et toiles sous le bras. Après moult révérences circonspectes, ils se présentèrent: Marcel Janco, le peintre, Tristan Tzara, Georges Janco et un quatrième, dont le nom m’a échappé. Par hasard, Arp se trouvait là également et comprit sans échanger beaucoup de phrases. Quelques minutes plus tard, les généreux Archanges de Janco étaient accrochés au milieu d’autres belles choses et le soir même Tzara lut des vers d’un style plus ancien, en pêchant d’un air amusé les feuillets au hasard de ses poches. » (Hugo Ball)

« Ainsi naquit Dada d’un besoin d’indépendance, de méfiance envers la communauté. Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes: laboratoires d’idées formelles (…) Que chaque homme crie: il y a un grand travail destructif, négatif, à accomplir. Balayer, nettoyer. La propreté de l’individu s’affirme après l’état de folie, de folie agressive, complète, d’un monde laissé entre les mains des bandits qui déchirent et détruisent les siècles. Sans but ni dessein, sans organisation: la folie indomptable, la décomposition. » (Tristan Tzara, « Manifeste Dada »)

« Un mot fut né, on ne sait pas comment DADA DADA on jura amitié sur la nouvelle transmutation, qui ne signifie rien, et fut la plus formidable protestation, la plus intense affirmation armée du salut liberté juron masse combat vitesse prière tranquillité guerilla privée négation et chocolat du désespéré. » (Tristan Tzara, « Chronique zurichoise »)

« Gadji beri bimba – glandridi lauli lonni cadori – gadjama bim beri glassala – glandridi glassala tuffm i zimbabrim – blassa galassasa tuffm i zimbabrim. » (Hugo Ball, poème dadaïste)

 

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