Le Sigma 50mm f1.4 "Art" tient ses promesses, selon DXO

sigmaCES_1Amis de la perfection (je parle de celle des objectifs, celle du photographe étant un mirage sans cesse repoussé), le lapin de Pâques a tenu ses promesses cette année. Le cadeau qu’il nous apporte est un peu cher et encombrant pour un objectif de focale standard (50mm f 1.4), c’est du lourd, au propre comme au figuré.

Si la banque s’est trompée en votre défaveur d’un millier de francs suisses et qu’elle vous les rembourse, courez chez votre marchand préféré réserver le Sigma 50mm f1.4 DG HSM Art, en monture Canon ou Nikon. Je sais, la mention "Art" fait un peu snob, et trois lettres argentées sur un barillet noir n’ont jamais fait un Helmut Newton (mauvais exemple d’ailleurs, ce sacripant d’Helmut adorait griffer ses objectifs avec la fourchette de son dernier festin pour donner du flou artistique à ses portraits), mais le dernier né de Sigma confirme que la marque est en train de damer le pion à Nikon et Canon dans le haut de gamme.

Les maniaques de pixels avaient déjà été soufflés par la qualité du Sigma 35mm f1.4, égal voire supérieur à son homologue Nikon, bien plus cher. Les rumeurs coururent donc bon train quand on a appris fin 2013 que Sigma entendait rééditer l’exploit avec un 50mm. Entretemps est sorti le Zeiss Otus 50mm f1.4, d’un piqué à arracher les prunelles des testeurs. Cet objectif est aussitôt devenu LA référence de sa catégorie. Depuis, la question qui tournait en boucle était: le Sigma 50mm f1.4 "Art" arriverait-il à faire aussi bien, et à quel prix?

La réponse est tombée: pas tout-à-fait, il s’en faut d’un quart de cheveu selon les tests comparatifs de DXOMark publiés ce jour (qui confirme d’autres tests, moins poussés). A f1.4, le Zeiss Otus est légèrement meilleur; à f2 et f2.8, c’est du pareil au même (voir les détails ici).

Cela étant… le Sigma coûte un millier de francs, je l’ai dit, tandis que le Zeiss Otus vous délestera de quatre fois cette somme, pour un objectif à mise au point manuelle uniquement. Ce dernier point est important, car dans tous les tests sur le Zeiss Otus que j’ai lus, les photographes ont été confrontés à la difficulté de mettre au point certains de leurs sujets avec le viseur standard d’un Nikon ou Canon plein format. Or ce monstre de précision qu’est le Zeiss Otus ne pardonne rien. Ce que vous gagnez en piqué, vous le perdrez en netteté si vous avez le malheur de tourner la bague un quart de poil en trop ou trop peu. Donc: réservé aux aigles à l’oeil perçant.

Avec sa mise au point automatique, rapide et fiable d’après les premières prises en main, le Sigma 50mm Art contourne en bonne partie et écueil pour des résultats optiques quasi équivalents à ceux du Zeiss Otus. Quant aux Canon et Nikon correspondants, n’en parlons même pas, ils sont enfoncés (y compris le nouveau Nikkor 58mm). En revanche, le Sigma tout comme le Zeiss Otus est un gros bébé, près d’un kilo tout nu, autant dire que vous ne passez pas inaperçu avec ce caillou vissé à votre boîtier. Mais imaginez ce qu’on peut en tirer en photo de paysage. Quasiment la qualité d’une chambre moyen format.

Je vois que Sigma Romandie prépare un "event" le 30 mai prochain pour le lancement du 50mm Art. Je vais faire tout mon possible pour y être, folks. Et pet-être, qui sait, pourrais-je poster ici même quelques images réalisées avec le combo Nikon D800E + Sigma 50mm "Art".

Slict!, dirait Gotlib.

Alexanderplatz: les hommes-fantômes dAdam Magyar


Pour terminer cette série "rattrapage" de photographes intéressants, voici (merci François) le plus étonnant de tous: Adam Magyar. Hongrois comme son nom l’indique, âgé de 38 ans et domicilié à Berlin, il a commencé par faire de la photographie documentaire de rue classique en Asie. Puis sa façon de prendre des images a évolué vers une approche radicalement nouvelle, expérimentale. Vidéo? Photo? Scanner? C’est un mariage des trois, réalisé avec un équipement complexe, que l’artiste, bricoleur informatique de génie, a mis au point lui-même. Pour plus de détails, lire le reportage que lui consacre le site Medium ou voir son site. Mais regardez surtout le résultat ci-dessus. Une rame de métro entre en gare d’Alexanderplatz à Berlin. L’ensemble optique de Magyar capte les passagers sur le quais, figés comme des statues. Derrière eux court une fillette en bonnet blanc. Au ralenti, comme tout le reste. L’impression tridimensionnelle est fantomatique, fascinante.

"Nous sommes les non-morts"

chris-macgregor-24-ansLalage Snow, basée à Londres, a couvert plusieurs champs d’opérations militaires pour AFP et différentes agences humanitaires. Dans cette série d’images, elle photographie à quelques mois d’intervalle (2-3 avant leur départ, sur place et 3-4 mois après leur retour) des soldats du 1er bataillon du Régiment Royal Écossais partis combattre en Afghanistan. Tous ne sont pas marqués de la manière, mais la plupart subissent une sorte d’affaissement et de durcissement de leur visage. Le site le Lalage Snow est ici. Une approche très similaire a été réalisée par la photographe néerlandaise Claire Félicie en noir et blanc.

Tomas Deszo

Tamas_Dezso_Epilogue_0002_548Un Hongrois de 36 ans, basé à Budapest, dont les images documentaires très dépouillées ont été publiées par de nombreux magazines dont Time, Geo, le New York Times, Le Monde et le British Journal of Photography. Sa série sur la Roumanie est tout simplement extraordinaire. Commencée en 2011, elle s’intitule "Notes pour un épilogue".

Voiles

30EXPOSURES7-jumboJe continue à rattraper mon retard avec les galeries que j’ai remarquées ces derniers mois. Ici, le travail de Hossein Fatemi,un Iranien de 34 ans qui a travaillé dans une douzaine de pays asiatiques et africains. Cette série publiée dans le New York Times joue avec le thème de la femme voilée en Iran. L’écran prend ici un rôle de révélateur, voire provocateur. Dans la même veine, il vaut aussi la peine de découvrir les deux séries de la photographe iranienne Kiana Hayeri, "Beyond the veil" et "Your veil is the battleground".

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