Risques du métier. Drone journalism

La semaine dernière, la photographie de Paul Hansen qui a remporté le premier prix des World Press Photo Awards suscitait un débat autour de la retouche. Les photojournalistes (ou les labos qui traitent leur travail) en font-ils trop au niveau de la post-production pour rendre leurs images plus attractives? Cette question en recouvre une autre, moins technique et plus importante: les photojournalistes, travaillant pour des médias qui ont de moins en moins de moyens et confrontés à une concurrence de plus en plus vive, prennent-ils trop de risques?

L’image primée de Paul Hansen concernait l’enterrement de trois victimes palestiniennes à Gaza, soit un niveau de risque modéré. Mais souvent, les photos qui font la "une" sont prises dans des situations extrêmement dangereuses (guerres, attentats, etc.). Elles ont un prix: 28 journalistes tués en Syrie en 2012, et 21 enlevés. En janvier 2013, le reporter Rick Findler, 29 ans, qui revenait d’un troisième reportage en Syrie, a proposé son travail au Sunday Times. Le chef du service international Graham Paterson lui a répondu que "notre politique est de ne plus prendre de photos de Syrie car nous considérons que les dangers sur place sont trop importants et nous ne voulons pas encourager les freelances à prendre des risques exceptionnels. Je dois donc décliner votre proposition".

La décision du Sunday Times a ouvert une vive discussion dans le monde du photojournalisme. Marion Quillard en décrit les enjeux dans un long et très intéressant article intitulé "Les risques du métier", publié par le magazine "6 mois". Plutôt que de le résumer, j’en recommande la lecture complète, truffée de références et de liens, et pourquoi pas de vous abonner à cette excellente publication. En attendant, juste un extrait de l’article pour nourrir la réflexion:

"La profession s’est appauvrie et la couverture des guerres agit comme un miroir grossissant sur cette nouvelle précarité : « Ce qui “protège”, ce n’est ni le téléphone satellitaire ni l’assurance, qui ne sert que quand la tragédie a déjà eu lieu : c’est l’argent qu’on injecte, ou pas, pour qu’ils puissent travailler dans de bonnes conditions », explique Nicolas Jimenez, directeur photo du Monde, l’un des seuls quotidiens à avoir pu envoyer successivement trois photographes, Mani, Laurent Van der Stockt et Jérôme Sessini, en Syrie.  Lâchés, les photographes portent seuls la responsabilité de leurs prises de risque. Les plus jeunes assument, à l’instar de Rick Findler, le freelance débouté par le Sunday Times : « Je suis le seul responsable. C’est moi qui ai acheté mes billets, moi qui suis monté dans l’avion, moi qui ai traversé la frontière. Si j’avais pris une balle, j’en aurais voulu au sniper, pas au bout de papier censé montrer mes photos ! »

Contrastant avec cette analyse, un article du Monde (payant) nous apprend le développement d’une nouvelle forme de reportage aux Etats-Unis: le "drone journalism". Il suffisait d’y penser: vous achetez un petit engin volant téléguidé, lui fixez une caméra et l’envoyez dans les endroits dangereux ou inaccessibles. Scott Pham, directeur des programmes de la radio publique KBIA, a lancé il y a trois mois un programme de drone journalism en partenariat avec l’université du Missouri et avec le département technologies de l’information de l’université. Il assure que c’est l’avenir de l’information, nonobstant quelques légers obstacles juridiques concernant la protection de la vie privée.

Au temps de la guerre du Viet-Nam, soldats et reporters pataugeaient ensemble dans la boue. Puis la technologie a créé une fissure entre ceux qui prennent des risques sur le terrain et ceux qui tuent à distance, avec des drones en particulier. Il fallait s’attendre à ce qu’un jour, quelqu’un ait l’idée du "drone journalism". Quant à savoir si les images qu’il produira nous aideront à mieux comprendre le monde…

Fable américaine

ColtLa tuerie de Newton qui a laissé vingt enfants et six adultes sur le carreau en décembre dernier n’a débouché sur aucune mesure politique sérieuse, comme on pouvait s’y attendre. En revanche,  c’est une joie de constater à quel point elle stimule la créativité des entreprises qui pourraient se sentir légèrement concernées par cet incident de parcours.

Electronic Arts (EA), par exemple, deuxième producteur de jeux vidéos, parmi lesquels "Medal of Honor: Warfighter" qui simule des missions de guerre en Somalie. Par souci de "meilleure authenticité",  EA y reproduit des armes réelles du groupe McMillan, avec lequel il a signé des contrats de licence, et proposait jusqu’à l’an dernier sur le site internet du jeu des liens directs avec celui du fabricant. Dans le petit monde du bang-bang, on était copains comme cochons.

Le massacre de Newton a mis en branle un autre jeu, le bien connu "c’est-pas-moi-qui-suis-responsable-c’est-la-faute-de-l’autre". Une semaine après la tuerie, le chef de la National Rifle Association Wayne LaPierre tirait à gros calibre sur les jeux vidéo, "industrie de l’ombre, corrompue, qui vend et sème la violence".

Comment a réagi Electronic Arts? De façon très smart, nous apprend Reuters: la société a rompu ses contrats de licence avec l’industrie des armes mais continuera d’en utiliser les modèles réalistes – sans payer de droits. "C’est de la publicité gratuite, comme si nous reproduisions des bouteilles de Coca-Cola", argumente un conseiller juridique de EA. "Nos jeux racontent une histoire, ajoute un directeur de EA. Est-ce qu’un livre où figure le mot Colt doit payer des droits pour cela?"

Les fabricants d’armes ne sont pas d’accord avec ce raisonnement. Des avocats vont gagner beaucoup d’argent.

(Note juridique: Aucun droit n’a été payé pour l’image du Colt ci-dessus, qui n’est là que pour raconter une histoire.)

Un tour à bicyclette du lac de Constance, un exemple pour Lémaniques attardés

BO-B11_2013Convaincu comme beaucoup de Vaudois et Genevois d’habiter un paysage lacustre béni des dieux, le plus beau de Suisse, j’en fait plusieurs fois le tour du Léman à vélo et m’en satisfaisais. Jusqu’ici. Il ne m’était jamais venu à l’idée de tenter la même expérience à l’autre bout du pays, soit le circuit du lac de Constance. Cette semaine, j’y suis parti avec deux sacoches pour bagage (y compris un Nikon D800, un 28mm et un 85mm, et le Mac pour éditer les images sur Lightroom). Je viens de terminer la boucle en cinq jours et la recommande fortement.

A un avertissement près: ce tour splendide, très prisé des Allemands et de bien d’autres, est à éviter absolument en haute saison, à moins que l’on aime revivre sur les pistes cyclables les joies des embouteillages autoroutiers. Concrètement, ils peuvent se traduire par plus de cent cyclistes entassés derrière un passage à niveau en attendant que la barrière se lève, des risques de collision et quelques jurons, m’a prévenu un aimable retraité. Tandis que de mars à mai (sauf Pâques) ou en automne, on respire, dans tous les sens du terme.

Constance1Le tour du lac de Constance est un modèle du genre en termes d’aménagements. Plus de 90% du trajet se déroule sur des voies réservées, goudronnées pour les trois quarts, en terre battue ou gravillon pour le reste, toujours très roulantes, accessibles à n’importe quel vélo de ville. Et plates, à l’exception de mini-côtes vite franchies. Rien de pénible au menu, c’est un véritable plaisir que d’y flâner à son rythme. En plus, la région est très bien desservie en trains et bus, il y a toujours un transport public à proximité en cas de crevaison ou de coup de fatigue (peu probable).

Il existe des guides et des cartes détaillant les routes et les kilomètrages (pour ceux qui n’ont pas la l’application Swiss Maps sur leur mobile), mais tout cela est presque superflu tant les indications sont claires tout au long du chemin. Il est pratiquement impossible de s’égarer. Les paysages traversés sont multiples : vignes, vergers, roselières, campagnes, petites villes chargées d’histoire, et bien sûr le bord du lac, que l’on suit souvent de très près, parfois sauvage.

Ce qui soulève, avant d’en venir à une proposition d’itinéraire en cinq étapes, la question suivante : pourquoi le même plaisir n’est-il pas accessible autour du Léman ? Ceux qui l’ont longé à vélo savent que contrairement au lac de Constance, les trois quarts du trajet imposent des routes à forte circulation, parfois dangereuses, ce qui enlève énormément de charme à l’expérience.

Si un des innombrables « machins » franco-suisses où des politiciens se tapent sur le ventre devait servir à une seule chose, ce serait bien à ça : rassembler les efforts des acteurs locaux et quelques dizaines de millions pour aménager rapidement – disons trois ans – un tour complet sur voie propre. Par là, je ne veux pas dire des pistes cyclables séparées de la route par une bordure ou un simple traitillé de peinture, ce qui n’est qu’un médiocre pis-aller. Non, il faut, comme entre Stein am Rhein et Bregenz, des chemins où l’on n’entend peu ou pas le bruit des voitures, coupant à travers champs et forêts, évitant les artères encombrées des villes. Penser large, ambitieux tout de suite, ne pas se contenter comme on le fait aujourd’hui d’étroits couloirs pour donner bonne conscience aux responsables de la sécurité.

Il y a là un magnifique défi pour des aménagistes-ingénieurs romands et français. Il y a aussi – il faut bien faire miroiter l’argument pécunier – un intérêt économique très clair pour la région. A en juger par ne nombre de chambres, restaurants et petits hôtels qui ont bourgeonné autour du lac de Constance, le tourisme doux mêlant effort physique modéré, culture et bonne chère pendant moins d’une semaine est une formule qui fait mouche. Finissons-en avec les niais "slow up" qui encombrent certains itinéraires pendant un seul dimanche, passons la vitesse supérieure avec des parcours longs et larges ouverts toute l’année. Les excellents itinéraires de "La Suisse à vélo" ont donné une belle impulsion, mais c’était au début des années 2000.

Lémaniques, bougez-vous, vous avez vingt ans de retard ! Inspirez-vous de ce qui se fait au Bodensee. Les circuits sont de longueur à peu près comparable (180-200 km pour le Léman, 240 km pour le tour complet du lac de Constance, que l’on peut écourter). Dans les deux cas, il y a un patrimoine viticole et historique à découvrir pour rythmer le parcours. Dans les deux cas, on joue à saute-frontières et passe par des régions très différentes, bien que proches.

Sur quoi, voici ma suggestion pour un trajet étalé sur cinq jours, avec montée progressive de l’effort.

Constance21er jour, environ 40 km. Partir de Schaffhouse. Pour ceux qui ne les ont pas vues, les chutes du Rhin à Neuhausen ne sont pas loin (12 km de Schaffhouse aller-retour, mais dans le sens opposé au circuit visé). La vieille ville de Schaffhouse elle-même mérite une visite, en particulier le panorama depuis le fort du Munot. De Schaffhouse, on longe le Rhin par des chemins et des villages bucoliques, en franchissant une première frontière, jusqu’à Stein am Rhein, dont l’ensemble moyen-âgeux remarquable, en particulier le cloître, vaut amplement une flânerie prolongée. L’hôtel-restaurant Schiff, tenu par un jeune couple charmant, idéalement situé au bord du fleuve, est avantageux et très recommandable pour la première étape (75 francs la chambre simple, 130 la double en basse saison – mais vous éviterez de toute façons la haute).

Constance32è jour, environ 50 km. De Stein am Rhein, on commence à longer le lac proprement dit, ou plutôt la presqu’île délimitant son bras inférieur, que l’on contourne complètement, en suivant la rive par Wangen, Horn, Radofzell et Allensbach jusqu’à proximité de Constance. Ne pas aller jusqu’à cette ville, qu’on garde pour la fin, mais tourner à droite 5-6 km avant, en direction d’une longue digue marquée par une haie de peupliers visible de loin. Elle mène à l’île de Reichenau, célèbre pour son monastère, ses deux églises (en particulier Saint-Georges, magnifique architecture romane, visible à droite quand on arrive sur l’île. Ne pas manquer les peintures à l’intérieur, plus que millénaires). Reichenau est aussi le paradis des producteurs de légumes, plus ou moins bio. Jolies balades à pied et à vélo autour de l’île. Pour le gîte d’étape, l’hôtel Strand est plus cher que celui de la veille (110 francs la simple, 150 la double) mais très bien placé au bord de l’eau, avec une certaine allure début de siècle (le XXème).

Constance43è jour, 20km : En quittant l’île de Reichenau, ne pas tourner sur le droite vers Constance, mais traverser le bras de terre qui sépare les deux « doigts » d’eau donnant sa forme caractéristique au lac, et couper en direction de l’île de Meinau. On aime ou on aime pas l’ex-demeure des Bernadotte. Certains seront écoeurés par son côté bonbonnière, en particulier le manoir reconverti en magasin à colifichets (photo), sentant la rose et le savon. Les sculptures fleuries des jardins sont un peu nunuches, et en plein boom printanier ou estival (je vous aurai prévenus!), les hordes de touristes amenées en autocar doivent être étouffantes. Mais le parc, aux essences magnifiques, ne manque pas de charme. Personnellement, je préfère les arbres aux parterres fleuris, chacun son goût. Accessoirement, le terrain de jeux pour enfants est très bien conçu.

Si vous décidez de passer un moment sur l’île, il ne vous restera plus beaucoup de temps, et la solution de facilité consiste à prendre le ferry, à 6 km de là, pour traverser le bras de lac dit d’Ueberlingen jusqu’à Meersburg. Si vous zappez l’île de Meinau, vous aurez le temps de rouler les quelque 40 km supplémentaires, via Bodman-Ludwigshafen et Überlingen, qui vous permettront de contourner le bras nord-ouest du lac et de rejoindre le même village de Meersburg.

Constance8Lequel mérite une halte prolongée. Là aussi, pas de miracle, il y a un côté Saint-Paul-de-Vence ou plutôt St-Trop’ du Nord, avec les hôtels alignés sur le quai et les innombrables boutiques à touristes. Mais le lieu lui-même est un petit joyau historique proposant non pas un, mais deux châteaux côte à côte, en plus du très joli bourg en contrebas. Les princes-évêques habitèrent le premier dès le Moyen-Age. Il s’est développé sur un piton impressionnant, sa visite est hautement conseillée avec ses innombrables recoins, dont la salle d’armes et le « cabinet rouge » de la célèbre poétesse allemande du 19ème siècle Annette von Droste-Hülshoff. Trouvant sans doute qu’il y faisait un peu frais et sombre, les princes-évêques de Constance, ayant pris goût au confort firent construire à côté un palais baroque dont les stucs se lécheraient.

Constance5Le bâtiment (photo)vient d’être restauré, la vue depuis la terrasse par beau temps, en fin de journée, est un moment de pur bonheur. Nombreux hôtels à choix sur les quais, dégustations de vins dans des caves qui feraient pâlir d’envie les vignerons du Dézaley et leur froid Vinorama. Ceci explique pourquoi le kilomètrage de la journée est restreint…

Constance64è jour, 55km environ. En quittant Meersburg, on longe le lac direction Est jusqu’à Friedrichshafen, qui mérite un arrêt. C’est dans cette ville animée et attrayante que sont nés les Zeppelin, auxquels sont consacrés un musée que les passionnés d’histoire, de mécanique et de rêves aériens ne manqueront pour rien au monde (photo: la vaisselle dans laquelle étaient servis les passagers). Après la visite, petit café sur les terrasses des quais. Observer les détails architecturaux et de mobilier urbain: oui m’sieurs-dames, les Allemands soignent le bon goût jusque dans le détail, tandis que nous autres Welsches nous contentons de peu.

Constance7Après Friedrichshafen, la côte déroule ses villages entre vignes et campagne jusqu’au bout du lac. Magnifique tronçon, on a envie de s’arrêter partout, mais il faut bien avancer. Pour reprendre son souffle, Lindau est tout indiqué (photo: le phare du port). Si le triporteur vendant cafés et cappucinos est à son poste à droite juste avant le passage à niveau, avant de tourner sur l’île de Lindau même, poser sa bécane vers les bancs et admirer les bains en lattes de bois vert pâle posés sur pilotis juste devant.

aussen011La ville-étape du jour, 10 km après Lindau, est Bregenz. Avant d’y arriver, oui, on a franchi sans s’en rendre compte la frontière autrichienne. L’hôtel garni Am Bodensee est accueillant (citronnade de bienvenue, beau buffet de petit déj’, chambre simple à 70 francs, 100 francs la double) et situé juste à côté du nouveau musée d’art moderne, le « Kub » dessiné par l’architecte Peter Zumthor (photo). Pizzeria sympa à proximité de l’hôtel, pour changer des filets de poisson du lac.

wd_6011525è jour, 70 km. Ca ne rigole plus, il faut appuyer sur les pédales ! Enfin, ça dépend du but : si on veut faire la boucle complète et rouler jusqu’à Constance (qui le mérite largement), il faut compter quatre heures de route, avec des haltes possibles à Rorschach, Arbon ou Romanshorn. Si on n’en a pas le courage, on peut aussi prendre le train dans une de ces gares et écourter l’étape. Ce serait dommage, car le dernier tronçon est assez joli, et l’arrivée dans la vieille ville de Constance (photo), avec ses bistrots animés au rapport qualité-prix intéressant, est une belle récompense. Après une bonne journée de route, les mollets sont un peu fatigués pour une longue visite de ville. On peut reprendre le train directement ou prolonger d’une nuit pour mieux visiter les rues piétonnes. Si vous craignez que l’étape soit trop longue, elle peut être scindée en deux sans problèmes, avec nuit à Arbon, Romanshorn, ou dans une des fermes proposant des chambres d’hôtes.

Ce qui reste du Zeppelin Hindenburg

ZeppelinLe 6 mai 1937, le LZ 129 Hindenburg prenait feu alors qu’il était en train de s’amarrer et de terminer sa descente au terminal de Lakehurst (New Jersey). Sur les 97 personnes à bord (36 passagers, 61 membres d’équipage), 35 périrent (film ici). La catastrophe sonnait le glas des Zeppelin, produits de l’ingéniérie allemande et symbole de la puissance du IIIè Reich.

Ce morceau calciné, qui commandait le gouvernail arrière a été longtemps oublié dans un hangar américain où les enquêteurs l’avaient remisé. On ne l’a retrouvé qu’en 2010, il est exposé aujourd’hui dans le musée Zeppelin de Friedrichshafen.

Aujourd’hui, on peut à nouveau se balader au-dessus du lac de Constance dans une nacelle suspendue à un Zeppelin, mais il s’agit d’un simple ballon dirigeable en forme de cigare, cinq fois plus petit que le monstre long de 245 mètres et rempli d’hydrogène qui s’est écrasé aux Etats-Unis.

Des éléments de la structure du LZ 129, reconstitués au musée, donnent une idée de ce qu’était sa taille.

Une leçon de courage

Sur le même sujet, en fin un sujet voisin, à savoir les prochaines élections en Israël, cette analyse de Michel Warschawski, 63 ans, auteur de "Destins croisés, Israéliens-Palestiniens : l’histoire en partage" (Editions Riveneuve), extraits du Monde:

"Il y a quelque chose d’une tragédie grecque. Notre pays vit totalement refermé sur lui même, dans la sécurité, la consommation, déconnecté d’une réalité définie avant tout par la colonisation et l’occupation. C’est l’hybris, le pêché de démesure, l’aveuglement dans la puissance. Le monde autour de nous change, le Hamas est sorti renforcé de la dernière guerre à Gaza, les relations avec Washington sont très mauvaises, mais notre classe politique est incapable de se corriger. Elle veut croire que ce qui ne fonctionne pas avec la force, fonctionnera avec davantage de force. C’est le produit d’une mentalité coloniale. J’ai le sentiment d’être sur une barque, dans une mer de plus en plus déchaînée, avec un capitaine ivre et sans boussole."

En contrepoint, le documentaire "Israël Confidential", où des responsables des services secrets, le Shin Bet, s’expriment pour la première fois.

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