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L’Europe va mal? Au moins on s’y parle

L’Union européenne traverserait la pire période de son histoire: diktat allemand face à la Grèce, cacophonie généralisée face à la pression migratoire, impuissance face aux guerres d’Ukraine et de Syrie, perplexité face à la Grande-Bretagne qui menace de quitter le club.

Si l’on s’en tient à ces faits brutalement résumés, il n’y a effectivement pas de quoi être très optimiste. Une chose frappe pourtant dans cet été caniculaire qui échauffe les esprits: jamais les Européens n’ont autant débattu entre eux de questions communes. Sur les réseaux sociaux, dans les médias, par politiciens interposés qui, eux-mêmes, abandonnent toute langue de bois sur Twitter. Lire la suite…

L’Europe est-elle encore un projet de gauche?

Logo_EACLOn peut penser ce qu’on veut de la manoeuvre référendaire du gouvernement grec (peu de bien, en ce qui me concerne), il faut admettre avec Pascal Décaillet que si la Grèce a peut-être perdu la bataille de l’euro, elle a gagné celle de l’image. David contre Goliath, un pays pauvre mais fier dressé face au rouleau compresseur bruxellois, le peuple contre les technocrates, la solidarité contre la Loi aveugle, et j’en passe…

Encore n’est-il pas sûr que la Grèce ait perdu la bataille de l’euro. Les choses se préciseront ces prochains jours, la démission de Iannis Varoufakis permettant d’être raisonnablement optimiste. Probablement est-elle la contrepartie exigée par les Européens en échange des sacrifices qu’ils devront consentir sur la dette grecque. Dans cette affaire, un des enjeux immédiats est que personne ne perde la face. Le ministre grec des finances irritait ses collègues européens, lit-on, parce qu’il « ne cessait de leur faire la leçon ». Vu de l’extérieur, on a plutôt l’impression inverse… « Départ d’un démagogue », titre la NZZ, qui cache mal sa fureur après le non grec. Quoi qu’il en soit, Varoufakis, tout coquet qu’il soit, part la tête haute en faisant un doigt d’honneur aux dits collègues.

Mon propos n’est pas de disserter sur la situation très mouvante entre l’UE et la Grèce. Ce qu’on écrit aujourd’hui à ce sujet a toutes les chances de se révéler faux demain, nombre de commentateurs s’étant déjà fourvoyés dans leurs pronostics sur le résultat du référendum. Je m’intéresse plutôt à une victime collatérale de cette crise, à savoir le mouvement pro-européen suisse, et en particulier la composante de centre-gauche qui le domine aujourd’hui. Lire la suite…