
Chili. Photo Mihaela Noroc
Les femmes ont-elles une façon particulière de photographier d’autres femmes? Je crois que oui. Avec son casque de cheveux blonds et ses yeux en demi-lune au-dessus d’un sourire désarmant, Mihaela Noroc a la déclic du contact, quelque chose qui rassure et intrigue à la fois.
Née à Bucarest il y a trente ans, elle se trouvait en Ethiopie en 2013 quand la grâce féminine qu’elle y découvrait lui a donné l’idée d’un projet carrément planétaire: Un Atlas de la beauté qui rassemble déjà des centaines d’images, dont celle de la jeune Chilienne illustrant ce billet.
Avec ses seules économies et les dons que font ceux qui suivent et apprécient son travail, Mihaela Noroc a déjà sillonné plus de trente pays, photographiant les femmes dans leur cadre naturel, sans apprêt. Visages de face, cadrage classique. Esthétiquement, son approche n’est pas sans rappeler celle de Stefan Meyer, que j’évoque dans le billet précédent. La différence est que le Jurassien a limité sa démarche à un an, tandis que celle de Mihaela Noroc n’est pas limitée dans le temps.
« Peut-être que dans 50 ans, les femmes du monde entier s’habilleront et se comporteront de la même façon, écrit-elle. J’espère que mon travail sera le témoignage des cultures et traditions de mon temps. »
Un seul regret: les portraits publiés à ce jour sont esthétiquement très réussis mais anonymes, comme s’il s’agissait d’icônes et non de personnes réelles. Il est intéressant d’apprendre au détour de légende que telle beauté travaille comme femme de chambre dans un hôtel, mais on aurait aimé en savoir davantage. La démarche de Stefan Meyer est, dans ce sens, exemplaire.
Ceux qui veulent soutenir le projet de Mihaela Noroc, pour quelques dollars ou davantage, peuvent le faire ici, en échange d’un livre électronique pour les plus généreux.