Conversation arlésienne avec Winston Churchill

    • tumblr_l3g7hxSBrf1qaj1weMr. Churchill?
    • Grmmbl….
    • Mr. Winston Churchill?
    • Mmmbl, quoi?!
    • Vous avez cligné de l’oeil, je vous ai vu…
    • Pas possible: je suis enfermé en deux dimensions, dans le cadre d’une photographie.
    • Pourtant je vous ai vu cligner de l’oeil.
    • Admettons. Ce n’est pas facile de tenir cette fichue pose tout le temps.
    • J’imagine bien! Depuis le 30 décembre 1941.

    • Peut-être. Je ne me souviens plus quand a été faite cette image - mais je revois ce photographe arménien au crâne dégarni qui m’avait ôté le cigare de la bouche. C’était à Ottawa je crois, dans l’antichambre du Parlement.
    • Yousuf Karsh. C’est lui qui a pris la photo. Il a déclenché au moment précis où vous aviez l’expression d’un tigre prêt à le dévorer pour cette impertinence.
    • Je reconnais qu’il ne s’en est pas trop mal sorti. Mais au fait, comment se fait-il que je puisse cligner de l’oeil et vous parler si je ne suis qu’une photographie. Je suis mort depuis longtemps, non?
    • Cinquante ans.
    • Mmmmh. Mais dites-moi par quelle sorcellerie nous avons cette conversation stupide? Et d’abord qui êtes-vous?
    • Jean-Claude Péclet, journaliste de métier, à la retraite, photographe amateur.
    • A la retraite? Peuh! Journaliste… peuh encore! Savez-vous que j’ai écrit des centaines de chroniques pour les plus grands journaux, et que je gagnais mieux ma vie avec cela que comme politicien?
    • Oui, je l’ai lu dans un livre qui vous est consacré.
    • « Un livre qui m’est consacré »… Il y en a eu des dizaines, et pas que des bons! Jeune homme, je vous conseille plutôt de lire mes mémoires.
    • D’abord, je ne suis plus si jeune. Ensuite, ce livre est différent des autres. Il s’intitule « Deux messieurs sur la plage » et parle de votre relation avec Charlie Chaplin. De la tendance dépressive, voire suicidaire qui vous hantait tous les deux, que vous appeliez votre « chien noir ». Et du pacte d’assistance mutuelle que vous avez conclu un soir de 1929 sur une plage de Californie.
  • Chaplin? Bon sang! Qui donc a écrit ce tissu d’âneries?
  • Michael Köhlmeier, un romancier allemand.
  • Un romancier allemand, il ne manquait plus que ça! Et vous perdez votre temps à lire ces sottises pour midinettes?
  • Vous connaissez le dicton: « se non è vero, è ben trovato ». Le style de ce roman est si alerte, le vrai et le faux y sont si bien mêlés qu’on ne le lâche plus. Et puis, je dois le dire, vous en ressortez plus sympathique…
  • Je me moque bien d’être sympathique! Et cela ne me dit toujours pas pourquoi vous m’avez tiré de ma pose… photographique.
  • J’ai ma petite idée là dessus. Ce doit être une phrase que vous prononcez dans le roman de Köhlmeier, à propos de la photographie justement.
  • Qu’est-ce que j’y raconte? La photographie ne m’intéresse pas, contrairement à la peinture.
  • Effectivement. Vous y dites ceci: « La photographie est la plus triste des formes d’art, car elle donne toujours à voir un instant passé, elle évoque un moment qui ne reviendra jamais. La peinture nous dit ce qui est, la photographie ce qui fut. »
  • Je ne me souviens pas avoir dit ça. On m’attribue tant de citations…
  • Celle-ci est plausible. Toute votre vie, vous avez voulu être l’homme tourné vers l’avenir, l’incarnation de la volonté, le stratège, celui qui n’a pas de temps à perdre avec la nostalgie. C’est exactement ce qu’exprime votre visage sur le portrait de Karsh, avec cette façon de dire: « finissons-en »…
  • Et alors?
  • Le paradoxe est que cette photographie représente tout le contraire d’un instant du passé. Elle vous fait revivre de façon intemporelle, ressuscite l’image publique que vous avez voulu donner, et en même temps s’en distancie avec une pointe d’humour. En cela, elle est… éternelle.
  • Et c’est pour faire pénitence de propos hypothétiques et désobligeants que j’aurais tenus sur la photographie que je ne sais quel malin génie m’imposerait votre compagnie?
  • En quelque sorte, oui.
  • Absurde! Mais bon, puisque nous voici à pérorer, où sommes-nous d’abord?
  • A Arles.
  • Arles, en France? J’ai peint des paysages dans cette région.

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  • Oui, vous y avez même une rue. Je m’y trouve moi-même deux jours à cause des Rencontres de la photographie qu’on y organise depuis plus de quarante ans. Puisque vous voilà condamné à ma compagnie, venez, je vais vous montrer un peu la ville et mes expositions coup de coeur.
  • Tant qu’à replonger dans le brouhaha des mortels, autant que ce soit un peu surprenant. Je vous suis. Attendez, pas si vite. Quel est ce palais délabré, pourquoi ces caractères chinois sur les murs?
  • Nous sommes dans les locaux que vient d’acquérir la fondation Manuel Rivera-Ortiz, un photographe indépendant d’origine portoricaine qui encourage les reportages sociaux sur les plus déshérités de la planète.
  • Un travailliste, en quelque sorte?
  • Si vous voulez. Les photos que je veux vous montrer sont celles de Mo Yi.
  • Ces jambes dénudées et un peu floues prises depuis le sol? Ces éclats de lumière rouge qui brouillent la scène? Qu’est-ce qu’on voit là: une roue de bicyclette? Et tous ces visages sombres dans le bus…

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  • Ils ont été photographiés après 1989, après l’échec de la révolte populaire et estudiantine de Tiananmen.
  • Tiananmen? Cela ne me dit rien, Mais j’ai toujours su que le communisme creusait sa tombe.
  • Sauf qu’il est toujours bien vivant en Chine. Enfin, un drôle de mélange de capitalisme étroitement contrôlé et surveillé par le parti unique officiellement communiste et pratiquement corrompu. C’est cette schizophrénie que documente Mo Yi, né au Tibet, aujourd’hui sous occupation chinoise. Il a vécu à Tianjin, une des villes les plus dynamiques, riches et polluées de Chine. Une explosion y a fait récemment fait plus de cent morts.
  • Ce sont des choses qui arrivent. Au moins, semble-t-il, les Chinois ne meurent plus de faim.
  • A quel prix! Je ne suis pas sûr que le libéral que vous êtes le paierait avec insouciance. Mo Yi a été en prison, ses photos montrent l’envers du décor des villes de gratte-ciel que les autorités construisent à une vitesse effrénée, elles disent la violence latente, l’indifférence, la résignation. C’est pour ça qu’une de ses séries a été réalisée à la hauteur d’un chien, pour conjurer « son envie de mordre », dit-il.
  • Je le disais déjà du temps où Gandhi faisait sa propagande indépendantiste: nous n’aurions jamais dû laisser la bride sur le cou à ces gens-là.
  • A vrai dire, ils ne nous ont pas demandé notre avis.
  • Le leur était biaisé par les agitateurs!
  • Bon, laissons ce débat de côté, voulez-vous? A l’étage inférieur, observez ce reportage du photographe égyptien Mohamed Ali Eddin sur les conditions de vie extraordinairement dures des ouvriers dans les carrières de calcaire. Il a obtenu le prix de la fondation Rivera-Ortiz en 2014.
يحاول عمال المحاجر في حدود إمكانياتهم المتواضعة أن يحموا أنفسهم من مخاطر الغبار الناتج عن تكسير وتقطيع الجير من خلال ارتداء نظارات شمسية رخيصة واستخدام أغطية الرأس التقليدية بدلا من الكمامات

يحاول عمال المحاجر في حدود إمكانياتهم المتواضعة أن يحموا أنفسهم من مخاطر الغبار الناتج عن تكسير وتقطيع الجير من خلال ارتداء نظارات شمسية رخيصة واستخدام أغطية الرأس التقليدية بدلا من الكمامات

  • L’Egypte nous a donné du fil à retordre…
  • Et ce n’est pas fini. Entre Charybde et Scylla, entre les islamistes et les militaires, la population a perdu ses illusions. En fait, toute la région est – excusez-moi du terme – « a mess » comme on dit en anglais.
  • Et que faisons-nous pour y mettre bon ordre?
  • Ce serait une longue histoire à vous raconter, et pour polémiquer un peu, je pourrais la commencer en racontant comment les Britanniques, entre autres, ont créé ce « mess ». Mais nous n’avons pas le temps, alors pour la faire courte, disons que depuis que vous êtes mort, l’Histoire de l’Europe est à la fois celle de son unification progressive et celle de son lent mais inexorable déclin. Il n’y a pas de nouveau Churchill, ni en Europe, ni ailleurs.
  • Ce que vous dites là ne m’étonne pas vraiment. C’est une ironie du destin, n’est-ce pas, que les hommes exceptionnels créent les conditions où les médiocres puissent s’épanouir… Mais où sommes-nous maintenant? On dirait d’anciens hangars de locomotives désaffectés.

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  • Exactement. Nous sommes sur le site de la fondation Luma, créée par Maja Hoffmann en 2004, en plein chantier actuellement.
  • Maja Hoffmann?
  • Grosse fortune suisse héritée de la pharma, philanthrope, amie des arts.
  • Mmmh, je vois.
  • Je veux vous montrer deux choses ici. D’abord, pour vous donner une idée de ce à quoi pensent les Européens aujourd’hui, ce travail de Thierry Bouët intitulé « Affaires privées ».
  • A quoi rime cet avion jaune tiré par ce quidam un peu ridicule?

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  • Le monsieur ci-dessus a construit de ses mains, pendant plusieurs années, ce modèle d’avion spécialement conçu pour la brousse. Il pensait le faire voler près de chez lui, en France. Mais les normes européennes ont changé, il n’y est plus autorisé et cherche à le revendre pour construire autre chose, peut-être un avion ultra-léger.
  • En Grande-Bretagne aussi, nous avons notre lot d’excentriques.
  • Sans doute. Ce sont ces gens-là que Thierry Bouët a contactés quand ils publiaient une petite annonce pour vendre un objet particulier. Il a constitué ainsi un étonnant kaléïdoscope de la société actuelle où se côtoient un riche homme d’affaires qui a acquis un château dont une salle voûtée est traversée par un mât de métal comme en utilisent les pompiers, un père qui ne cesse d’offrir des guitares électriques à sa fille qui s’en fiche, un étudiant qui a commandé des bottes d’équitation sur mesure, mais trop grandes pour lui – et j’en passe.
  • Pendant la guerre, les gens se privaient de tout. On dirait que vous êtes résolument passés à l’ère du superflu.
  • Et du standardisé. Alors pour se démarquer, les gens cultivent de petites passions, qui transparaissent dans ces images de Thierry Bouët.
  • Je m’étonne que les gens se soient laissé photographier si facilement, jusque dans leur lit ou leur baignoire!
  • Vous avez raison. Le narcissisme est aussi une composante du phénomène. Observez au passage l’importance des légendes, dont la touche d’ironie donne son relief à la photographie.
  • Indeed. Mais là, nous changeons totalement d’ambiance, et il n’y a pas de légendes. Où sommes-nous, au Congo?
Congo, 2013.

Congo, 2013.

  • Bien vu. Si je devais choisir, c’est l’exposition que je préfère dans ces Rencontres d’Arles. Précisément parce qu’au lieu de désigner, la photographie renvoie ici au mystère – celui des êtres, des interactions humaines. Ce travail étalé sur près de deux ans a été réalisé par deux photographes italiens de l’agence Magnum, Alex Majoli et Paolo Pellegrin. L’écrivain Alain Mabanckou a trouvé les mots justes pour en parler: « Le photographe est, dans une certaine mesure, le peintre de la lumière. Il arrive cependant qu’il jongle sans cesse avec l’ombre afin d’insuffler à celle-ci une vie réelle et de nous donner à voir la face cachée de la réalité. C’est ce qui se joue en grande partie dans cette exposition dont le personnage principal est le Congo, mon pays d’origine. » Tout ici se joue dans les ombres, les clairs-obscurs, les compositions fragiles de ces corps en mouvement.
  • Je me souviens d’un voyage à Mombasa en 1907, j’étais jeune député à Westminster et sous-secrétaire d’Etat aux colonies alors. Une sacrée aventure! Nous avons pris le train, le bateau à vapeur, un canoë, j’ai marché jusqu’aux sources du Nil. Un jour, j’ai planté mon bâton dans une colonne de fourmis féroces, je n’ai eu que le temps de battre en retraite à toute vitesse! Vous voyez, le glorieux Churchill a aussi connu des défaites…
  • Et que pensez-vous des images?
  • Assez belles. Sombres. Prenantes.
  • Juste des « instants du passé »?
  • Ah, ne m’embêtez pas avec vos citations apocryphes!
  • Allez, je ne vous embête plus. Passons par la Place de la République voir une dernière exposition, celle de Paolo Woods et Gabriele Galimberti qui devrait vous intéresser. Son titre est « Les paradis, rapport annuel ».
  • Quels paradis?
  • Fiscaux. Londres, la Suisse, les îles Caïmans, Singapour, le Delaware, Panama… Tous ces lieux où les gens très fortunés mettent leur argent pour payer très peu ou pas d’impôts.
  • Quel mal y a-t-il à protéger ses biens contre l’appétit vorace de l’Etat?
  • C’est l’argument de ces personnes. « Ce que je fais est peut-être discutable sur le plan moral, mais c’est parfaitement légal », dit l’une d’entre elles. Le premier exploit a été de les approcher et d’obtenir leur accord pour se faire photographier en situation. Cela a demandé des mois de travail.
  • Les gens sont décidément devenus très vaniteux. Quel est cette espèce de fusée accrochée comme un sac au dos de ce bellâtre qui semble survoler l’eau?

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  • Un propulseur à eau doté d’un puissant moteur qui permet d’exécuter toutes sortes de figures. Cela coûte très cher et est très populaire parmi cette clientèle. « Nous sommes dans un pays qui propose zéro impôt, je loue un équipement qui vous met en état d’apesanteur. Tout est parfaitement cohérent », dit l’homme sur la photo. Vous noterez, dans cette série aussi, l’importance des légendes accompagnant les photos.
  • Avec quelques kilos de moins, j’aurais bien essayé cet engin.
  • Et vous auriez couché avec cette domestique singapourienne qui se prostitue le week-end pour compléter son maigre salaire?
  • Ne soyez pas vulgaire! Vous êtes pire qu’un socialiste, ma parole.
  • C’est que depuis votre mort, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres n’a cessé de croître, notamment grâce aux astuces qui, pour la première fois dans ces photographies, renvoient à des visages, des lieux précis et non à de simples clichés prétexte. C’est la photo du pouvoir. Pas celui de la politique, comme vous l’incarnez dans le portrait boudeur de Karsh, mais celui, souriant, anonyme et opaque de l’argent. Comme la femme de ce premier ministre qui fait ouvertement du lobbyisme pour un paradis fiscal, alors que son mari participe à la rédaction de règles internationales censées réduire la concurrence déloyale. De nos jours, on appelle ça un conflit d’intérêts. Est-ce démocratique? Après tout, c’est à vous qu’on attribue la fameuse citation, non apocryphe celle-là, sur le démocratie qui est « le pire des régimes, à l’exception de tous les autres déjà essayés par le passé ». Or le régime des paradis fiscaux mine la démocratie.
  • J’ai aussi déclaré, sauf erreur, que « le meilleur argument contre la démocratie est fourni par une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen ». Mais j’admets que ces images en couleurs sont assez impressionnantes.
  • Elles ont été réalisées à la chambre grand format, d’où la précision quasi clinique des détails. C’est presque un travail scientifique, d’ethnographe, pas un pamphlet rageur. Sa force vient de là.
  • La rage est en effet mauvaise conseillère. Dites-moi, le monde que vous m’avez montré là n’est pas des plus gais.

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  • C’est vrai, le choix est forcément subjectif. J’aurais pu vous mettre sous les yeux cette série étonnante de photographies de cathédrales et églises réalisées en très grand format par Markus Brunetti, dont tous les éléments dérangeants – fils téléphoniques, touristes, etc. - ont été gommés par les trucages photographiques les plus récents et sophistiqués. Il crée ainsi une ambiance étrange, minérale, comme un puits d’éternité. Peut-être cela aurait-il été plus approprié vous concernant.
  • Merci, je suis déjà servi pour ce qui est de l’éternité.
  • Je vous en mets quand même une petite dose, et ce ne sera pas de la photo. Puisque nous sommes à Arles et que vous êtes le descendant d’un peuple de navigateurs, venez jeter un coup d’oeil à l’incroyable chaland marchand romain presque intact que les archéologues ont découvert dans le Rhône. Il n’est exposé que depuis 2011 au Musée de l’Arles antique.
  • Voilà qui me parle, en effet. Magnifique pièce, longueur impressionnante. Mais si je vous ai bien compris, les empires, s’il en existe encore, se déploient loin d’ici.
  • « Un gravier dans la chair d’un homme, et les empires s’écroulent », disait Zola.
  • Les choses sont un plus compliquées que cela, croyez-en mon expérience.
  • Comment dites-vous? Vos mots me parviennent difficilement, votre image semble se figer à nouveau.
  • C’est probablement que j’en ai fini avec ma pénitence avec vous, mon jeune ami.
  • D’abord je ne suis… oh et puis zut. En tout cas, ce fut un plaisir pour moi de faire ces quelques pas en votre compagnie. Et si vous en avez l’occasion lisez le roman de Michael Köhlmeier*. Il vous divertira.
  • Cela métonnerait. Si vous saviez comme l’éternité peut être tuante.
  • Vous voyez bien que vous avez un penchant pour la dépression! Vous m’entendez encore?
  • Moi, plus du tout. Eh bien au revoir ou adieu, je raccroche votre portrait au mur.

*Editions Actes Sud, septembre 2015

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