Une image vaut parfois mieux que mille mots, dit-on, une carte aussi. Celle-ci, publiée dans la dernière édition de The Economist, montre le nombre de victimes résultant de conflits avec des groupes islamistes en Afrique, soit près de 15 000 l’an dernier et déjà plus de 10 000 selon les estimations début juillet 2015. En bleu, Boko Haram, en rouge les milices Shahab, en jaune celles affiliées à al-Qaeda et en vert celles liées au groupe Etat islamique.
Les yeux focalisés sur le nord du continent, nous oublions parfois que les métastases se prolongent jusqu’au Kenya, et même en Tanzanie, provoquant à la fois une perte de revenus touristiques et une répression féroce qui alimente à son tour le réservoir de recrutement pour les milices extrémistes. L’article de The Economist (payant) décrit ce cercle vicieux et n’est pas très optimiste sur les moyens de le briser.
« Seule une concurrence politique crédible briserait cette dynamique », écrit l’hebdomadaire. La politique africaine restant souvent paralysée par les affinités ethniques, la corruption et le manque d’alternance pacifique (avec l’exception récente et importante - par sa taille aussi bien que sa symbolique - du Nigeria), un renversement de tendance paraît peu probable à court et moyen terme, avec ou sans implication occidentale.
Que cela nous plaise ou non, il faut constater, un an après l’apparition de l’Etat islamique autoproclamé, que cette nébuleuse non seulement se maintient mais progresse - et cela pas seulement grâce à la terreur et à ses sources de financement. L’islamisme radical est une idéologie transnationale, actuellement une des rares sinon la seule réunissant les ingrédients pouvant séduire des jeunes sans boulot et/ou sans avenir: codes et morale stricts (dans l’image envoyée vers l’extérieur en tout cas), culture du sacrifice, approche désinhibée et mise en scène spectaculaire de la violence. Soit tout ce que ne représente pas l’Occident. Depuis les luttes anti-coloniales mâtinées d’utopie socialiste, aucun mouvement transversal n’avait, à ma connaissance, autant rassemblé ni autant tué. C’est ce que dit cette carte. Quant à notre réponse, nous n’en avons d’autre, à ce stade que d’espérer que le mouvement s’éteindra de lui-même à force de tuer ses propres enfants et à force de rivalités internes.
« nous n’en avons d’autre que d’espérer que le mouvement s’éteindra de lui-même à force de tuer ses propres enfants et à force de rivalités internes. »
Pas d’accord. Il faut mettre la pression sur les musulmans pour qu’ils se séparent clairement de la branche islamiste, partout. C’est à eux de mener la guerre idéologique contre le terrorisme. Qu’ils cessent de nous dire qu’ils n’ont rien à voir là dedans, qu’ils le prouvent, qu’ils luttent contre ces mouvements qui pour le moins déshonorent leur religion.
Il faut débusquer l’argent saoudien chez les salafistes, c-à-d que le KSA fasse le ménage parmi sa multitude de princes et leurs menées propres. Le Qatar idem. Et il faut assécher Daech ou appelez- le comme vous voulez sur tous les plans, armes, argent, pétrole…
« mettre la pression sur les musulmans pour qu’ils se séparent clairement »
En faites-vous autant quand un « chrétien » contrevient aux règles du code pénal, au nom de sa « foi » (je pense au mariage homosexuel, aux centres d’IVG envahis par des groupes de prières ou l’assassinat de gynécologue pratiquant l’avortement …) sans oublier les groupes d’extrème-droite ?
Demander aux coreligionnaires de se « distinguer » c’est jouer sur le communautarisme, source de ségrégation, ostracisme et autre discrimination alors qu’il faut privilégier et condamner l’aspect pénal, au nom de l’universaliste et de la laïcité à la française …