« Malley concrétise l’ambition lausannoise »; une réalisation qui s’annonce « sous les meilleures auspices » et suscite « l’enthousiasme » du Ministre (sic) de l’Economie et du Sport; « un succès extraordinaire » en matière de financement pour le président de Lausanne région Gustave Mülheim, qui « triomphe »; une infrastructure « essentielle » à la survie du Lausanne Hockey Club, selon son directeur Sacha Weibel; « un joyau serti dans une ville à naître »…
On l’aura compris: le journal « 24 Heures » est plutôt favorable au projet lauréat du nouveau centre intercommunal qui regroupera une nouvelle patinoire transformable en salle de spectacles, une piscine olympique couverte et des bassins annexes, des surfaces pour le ping-pong et d’escrime,… et « les 15‘000 m2 de bureaux demandés », précise le site des architectes.
Je n’ai pas d’avis sur le centre omnisports dessiné par le bureau Pont12 mais désire m’attarder un peu sur cette tour de 65 mètres et le photomontage des architectes (ci-dessus) publié en première page de « 24 Heures ».
Bien léché, il reproduit dans le détail le quartier alentours…. en omettant d’incorporer les autres constructions en hauteur qui devraient sortir de terre autour du centre omnisports, à peu près en même temps que lui. A savoir:
- Une tour de cent mètres imaginée, nous dit-on, par le syndic de Prilly (contacté, le propriétaire des terrains refuse de dire quoi que ce soit et renvoie audit syndic);
- Une tour de 62 mètres érigée sur le centre Malley-Lumières actuel;
- Une autre tour de 76 mètres juste à côté.
Maintenant, si on étudie de près la petite carte publiée en page 3 de « 24 Heures » et qu’on essaie d’imaginer ce que donneront ces immeubles vus de la pente au nord de la route de Renens, on obtient un véritable mur de béton qui bouchera l’horizon depuis l’avenue du Chablais jusqu’au nouveau centre omnisports, soit sur une largeur de plus de cent mètres et une hauteur variant entre 62 et 100 mètres.
Et dire que les autorités veulent remplacer un talus par une passerelle prolongeant le viaduc du Galicien (à quel prix?) pour rendre plus « transparente » la liaison avec le nouveau quartier! Pour améliorer la vue sur le quatuor de tours?
Je relève à ce sujet:
- qu’aucun débat démocratique avec les habitants du voisinage (opportunément répartis sur trois communes différentes, donc plus difficiles à mobiliser) n’a été mené sur ces méga-projets immobiliers impliquant entre autres les CFF et la commune de Lausanne, donc des entités publiques et para-publiques. La seule séance d’information publique était si bien annoncée que les plupart des voisins n’ont jamais su qu’elle avait eu lieu. Ecrire comme le fait « 24 Heures » que le débat démocratique « ne sera pas occulté » pour le futur centre omnisports est une présentation tronquée de la réalité (comme le photomontage). Qui va s’opposer à une piscine et une nouvelle patinoire pour un club populaire? C’est sur l’ensemble qu’une discussion devrait avoir lieu. Tout est fait pour l’éviter.
- qu’aucun plan d’ensemble de ce nouveau quartier n’a été mis à l’enquête. Les autorités procèdent par saucissonnage. Il serait intéressant de connaître l’avis d’un juriste sur la légalité d’une telle démarche.
- que le processus de légitimité dont elles se réclament (validation des étapes précédentes par le canton et l’agglomération de l’Ouest lausannois) est purement technocratique. On y retrouve toujours les mêmes acteurs.
- qu’aucun gabarit donnant une idée des futurs volumes, ni aucune photogrammétrie digne de ce nom n’ont été dévoilés à ce jour. Il faut être spécialiste et s’accrocher pour mettre ensemble les morceaux du puzzle publiés à ce jour.
En revanche, des installations « artistiques » et des panneaux confondants de niaise propagande ont été posés récemment sur le no man’s land au sud du viaduc pour convaincre les habitants du futur radieux qui les attend. On y lit notamment ceci: « Point de jonction entre le nord et le sud du quartier, la Place du Galicien offrira un beau dégagement, (…) une transparence« . Une des oeuvres exposées est une sorte de clapier métallique dans lequel se morfondent quelques plantes vertes (image ci-dessus): une préfiguration de l’avenir du quartier?
Et dire qu’on a acheté la complicité béate de pseudo-cultureux pour vendre le nouveau « centre urbain », qui n’a été pensé jusqu’ici qu’en termes de blocs Lego et des clichés les plus éculés sur « l’animation »!
Je renvoie aux critiques précédentes que m’a déjà inspiré ce projet, ici et ici. L’épisode du centre omnisports - au sujet duquel, je le répète, je n’ai pas d’avis pour l’instant - ne fait que confirmer le processus d’enfumage général. Il est temps que les populations concernées se réveillent.
Actualisation le 14 novembre: Les responsables du nouveau Centre sportif de Malley, craignant que l’ensemble du projet soit bloqué par une résistance à la tour, ont décidé de renoncer à cette dernière. Dont acte. Il est tout de même piquant de lire que pour l’architecte cité par 24 Heures, cette tour n’était là que « pour illustrer une possibilité ». Lors de la mise à l’enquête, le même architecte se référait aux « 15 000 mètres carrés de bureaux demandés ». Tiens donc! Ce qui était « demandé » hier n’est plus aujourd’hui qu’une « possibilité » dont on peut se passer. A croire que ces gens-là font leurs calculs de rentabilité et dessinent leurs plans sur le coin d’une nappe de bistrot en papier, entre café et pousse-café. Et on devrait les prendre au sérieux?
Actualisation le 7 janvier 2015: Selon Grégoire Junod, municipal lausannois que j’ai interrogé avant-hier à la Palud, le projet de tour de 65 mètres sera soumis dans un plan de quartier séparé, « dans une quinzaine d’années ». Ces dires correspondent à peu près à ce qu’affirmait le 18 novembre le syndic de Prilly. Le plan de quartier mis à l’enquête, lui, n’évoque pas cette mise à l’écart provisoire. Conclusion: les autorités cherchent vraiment à cacher la merde au chat!
Pour commencer, je vais juste citer quelques paragraphes tirés de vos précédents articles concernant le quartier de Malley, juste pour vous montrer à quel point, aujourd’hui votre discours est totalement incohérent et rempli de mauvaise foi.
»Le 15 février 2012 », je cite: Je n’ai rien contre les tours, et le quartier de Malley bientôt desservi par une gare, enchâssé dans une zone fortement urbanisée de l’Ouest lausannois, est peut-être le bon endroit pour oser un tel geste architectural. Dans ce cas, pourquoi ne pas l’assumer, au lieu de se réfugier dans des niaiseries peintes en vert? Depuis que les relevés géométriques, froids mais précis, ont été remplacés par des simulations 3D sur ordinateur, urbanistes et architectes semblent s’être donnés le mot pour enfumer l’opinion au lieu de l’informer. Angles flatteurs, arbres surdimensionnés, escamotages visuels;, tout est bon. Le résultat est généralement le contraire de celui escompté. Il se trouve toujours un opposant pour affirmer, photomontages à l’appui, que le peuple a été trompé. Et quand le doute est semé dans les esprits, il devient difficile à surmonter.
Le schéma directeur de l’Ouest lausannois est le fruit d’un travail de longue haleine dans le cadre d’un organisme supracommunal ad hoc. Le quartier de Malley en est une pièce importante, qui aura un impact sur les pièces voisines du puzzle (terrains Bobst ou Renens-Croisée par exemple). Le type d’habitat et de bureaux qu’on y construira mérite mieux que ces images racoleuses qui valorisent « les espaces verts et culturels », alors que l’espace construit et les circulations comptent tout autant, sinon davantage.
(le lien de l’article http://bequilles.ch/2012/02/15/incorrigibles-architectes/)
»Le 6 février 2015 », je cite: Pour mémoire, la tour Taoua refusée par les Lausannois culminait à 84 mètres, celle de Chavannes – acceptée, elle – atteindra 117 mètres. Je le précise d’emblée: je n’ai rien contre les tours (j’étais favorable aux deux projets de Chavannes et Taoua), ni contre la densification dans les quartiers bien desservis en transports publics. Mais ce qui saute aux yeux dans ce projet, c’est à quel point les « urbanistes » (pour autant que ceux qui ont pondu ce plan méritent ce nom) ont placé leurs plots n’importe comment.
http://bequilles.ch/2015/02/09/un-crime-urbanistique-se-precise-a-malley-prilly/
Bon pour résumé tout ça, Monsieur disait, il a 3 ans de cela, ne rien avoir contre les tours (comme aujourd’hui) et le quartier de Malley, et demandait pourquoi un tel geste architectural n’était pas assumé. Que voulait-il dire par là ? Désirait-il plus de tours ? Des plus hautes ? Nous ne le saurons jamais puisque ce Monsieur, 3 ans plus tard a apparemment été atteint d’un syndrome qu’on appelle communément »Neintower » ou plutôt, comme Monsieur, n’a »rien contre les tours »… »Contre les tours ? Non non.. Mais pas près de chez moi ! ».
Pourquoi je vous dit ça Monsieur ? Oui maintenant je m’adresse à vous, vous disiez être favorable à la tour de 117 mètres à Chavannes , qui se trouvera dans un terrain assez plat et dans une friche non-habité pour le moment mais sera bien visible et portera tout de même une ombre sur les habitations à proximité, comme ça sera un peu le cas pour Malley.
Mais ce qui me choque le plus, c’est que vous disiez aussi être pour la tour de 92 mètres à Beaulieu. Rappelant la situation géographique de cette zone, la tour allait se trouver sur une pente et dans une zone d’habitations à forte densité où des milliers d’habitants y vivent. L’implanter dans une zone d’habitation en pente, qui aurait entravé de nombreuse vues sur le lac et porté davantage d’ombres est donc plus gênant et beaucoup plus contraignant que de construire, plusieurs tours sur une friche plate, dont 2, une de 100 m et l’autre de 62 m (d’après vous), se trouvant plus au nord, près d’une zone mixte en développement qui ne bénéficient déjà de très peu de vues sur le lac et les horizons (peut-être seulement les derniers étages mais encore..). Les habitations de cette zone subissent déjà la vue et l’ombre porté aux immeubles leurs faisant face et aux arbres, donc une tour de 100 m et une autre 62 m n’enlèvera pas beaucoup de soleil et de vue, et au final, ne gêneront pas plus que ça…
Donc finalement je ne vois absolument pas comment on peut être favorable à la tour de Beaulieu mais contre les tours de Malley ?? Ça n’a aucun sens ! Enfin si, je vois là le fameux syndrome dans je parlais plus haut, celui des »Neintower, »Contres les tours ? Non non… Mais pas près de chez moi ! » pour une personne qui habite en plus, à une centaines de mètres du futur développement. Après vous allez me dire »Non je suis pas contre les tours c’est juste qu’elles sont pas aux bons endroits » Aux bons endroits ? C’est très subjectif… apparemment, vos »bons endroits » ne sont pas ceux des urbanistes qui ont proposé ce projet, du jury qui l’a choisi, les municipaux des 3 villes à savoir Lausanne, Renens et Prilly qui l’ont validés et finalement, approuvé aussi par le Canton. Ça fait déjà beaucoup de gens qui n’ont pas pensé aux mêmes endroits que vous. Si les tours n’ont pas été mises ailleurs c’est juste qu’il n’y avait pas la possibilité de les faire ou tout simplement avec certaines études, ils ont décrété qu’il n’y avait pas de meilleur endroit pour les construire.
De plus, arrêtez de croire que ce que vous voulez tout le monde le veut. À lire vos articles j’ai l’impression que vous vous prenez pour un genre d’urbaniste-architecte-révolutionnaire, qui croit tout savoir, mieux que n’importe qui et que tout les habitants du quartier le suivront pour s’opposer à ce projet. Pourtant, ayant discuté avec des gens du quartier, vous êtes apparemment le seul à vous plaindre. Si vous étiez vraiment intéressés par ce projet vous auriez fait un peu plus de recherche sur internet et vous auriez su qu’il n’avait jamais été question de construire que 2 tours pour le développement de Malley. N’attendait pas sans cesse que l’annonce tombe du ciel par le 24 heures.
Juste comme ça, j’ai 21 ans, je suis en formation et n’habite pas le quartier mais je prends le temps de faire des recherches en lisant tous les rapports et études que je trouve concernant le futur de Malley. Vous par contre vous,y habitez d’après vous, n’êtes tenus par aucune obligation professionnelle, donc vous n’avez peut-être pas d’autres activités que votre blog, mais vous passez votre temps à écrire des articles hâtif sur un sujet que vous connaissez juste à travers les quelques infos que vous diffusent certaines presses. Faites vos propres recherches sur internet là vous serez en mesure de prendre position. Parce que de rétorquer sans cesse de ne »pas être contre les tours » mais de clairement s’y opposer dans les articles concernant Malley n’a vraiment aucun sens. On dirait que vous n’avez d’avis que pour les tours, le reste vous est complètement égal. Vous jugez les projets sur leurs apparences mais vous vous absteniez de les juger sur le fond et c’est bien dommage ça…
Et juste pour finir, il y a 3 ans quand le projet était encore flou pour vous, vous ne sembliez pas être opposé aux tours et dénonciez même un manque d’engagement de leurs part par rapport à ses tours, aujourd’hui que le projet commence à se concrétiser, et les tours clairement assumés, mais vous vous y opposé. Vous n’avez rien contre les contres, oui, seulement quand elles sont loin de chez vous, c’est tout.
Il y a quelque chose qu’il faut savoir aussi, c’est qu’une partie du développement de Malley est un projet intercommunal donc obligatoirement, se fera par étapes mais, certes les projets sont liés, mais sont indépendants les uns des autres. Donc logiquement, il ne peut y avoir un mise à l’enquête pour l’ensemble du quartier…
Sur ce, je n’ai absolument rien contre vous, mais arrêtez juste de limiter nos villes, elles méritent mieux que ce que vous pensez. Méditez sur tout ça et bonne soirée à vous.
PS: Comme j’en sais beaucoup plus que vous (sur le développement de »votre quartier » bien-sur) je me dois de vous annoncez aussi qu’ils n’y a pas que les tours pour Malley, il y aura aussi à l’image de la nouvelle Coop sur la route de renens, d’autres démolitions-reconstructions le long de la route (un autre mur de béton juste pour vos beaux yeux) qui feront face aux tours. ^^
Cher Monsieur RK,
Passez donc prendre un café à l’occasion, vous constaterez que le nouveau quartier de Malley, avec ou sans tours, n’impactera pas la vue depuis mon appartement - autant pour l’argument du « Neintower » qui change d’avis quand on construit près de chez lui…
Je vous l’accorde, il y a une part de subjectivité dans toute appréciation urbanistique. En 2012, date du premier billet que vous citez, j’imaginais que les tours de Prilly-Malley se construiraient plutôt sur le « plateau », au sud des voies CFF, ce qui me paraissait plus logique. Il en a été décidé autrement. Vous dites que beaucoup de personnes - urbanistes, municipalités, canton - ont validé le projet actuel. Mais pourquoi le concours d’urbanisme n’a-t-il porté que sur une partie du périmètre, à l’exclusion de la tour la plus haute et, à mon avis, la plus mal placée, au pied d’une pente et à côté du viaduc, les deux masses s’annulant? Etes-vous bien sûr que les instances consultées ont validé l’ensemble du projet, qui nous est présenté par tranches saucissonnées? Moi pas.
Vous dites que je suis le seul à me plaindre. C’est faux, plus de dix oppositions - que j’ignorais au départ - ont déjà été déposées. Vous me reprochez d’écrire « des articles hâtifs » basés sur des informations « que diffuse certaine presse ». C’est faux encore. Sur ce sujet, j’ai:
- consulté les documents sur les sites du PALM et du SDOL
- consulté le dossier d’enquête pour la première étape de Prilly-Malley et discuté avec urbaniste de la commune de Prilly
- rencontré les syndics de Renens, Prilly, ainsi qu’une municipale de Renens
- discuté avec un urbaniste du SFOL et deux fonctionnaires du Service cantonal de l’aménagement du territoire
- fait plusieurs circuits dans les quartiers (aussi bien Prilly-Malley que Beaulieu)
Voici mes sources, quelles sont les vôtres, vous qui « en savez beaucoup plus que moi » à 21 ans?
A propos de Taoua: la comparaison est intéressante, car je me suis justement promené dans les immeubles du quartier concerné par cette tour et ai estimé - là encore, c’est subjectif, je l’admets - que les craintes des habitants quant à l’impact sur leur vue étaient exagérées, en tous cas pour ce qui concerne les maisons au Nord. Si vous regardez une carte, et là c’est objectif, vous constaterez que le projet de Taoua était beaucoup plus éloigné de ces immeubles, par le site du Comptoir suisse, que ne l’est la tour de 100 mètres projetée à Malley. Vous alignez d’ailleurs plusieurs âneries dans votre commentaire. D’abord que les tours projetées à Prilly-Malley ne sont pas dans une zone en pente comme l’était Taoua. Faux. La plus haute serait justement au pied d’une colline, venez donc voir sur place. Vous écrivez encore que les habitants de cette zone « subissent déjà l’ombre portée par les immeubles en face »: il n’y a pas d’immeubles en face à hauteur de la Brasserie de Malley! Connaissez-vous seulement l’endroit? Je vous signale qu’on vient d’y terminer un important bloc d’immeubles, dont les habitants seront ravis de vous lire. Les autres habitants des immeubles voisins, c’est vrai, sont pour la plupart des immigrés, peut-être pas dommage à vos yeux.
Vous dites qu’il n’y a pas que les tours dans le projet Prilly-Malley, et vous avez raison. Mon propos ne se résume d’ailleurs pas à celles-ci, loin de là, si vous avez lu tous les articles que j’ai consacrés au sujet. Mais quand vous citez la nouvelle Coop sur la route de Renens, je me pince: c’est justement l’exemple emblématique de la triste médiocrité résultant des seuls calculs de rentabilité! Y êtes-vous allé? C’est un sommet de déprime. Béton, goudron, fenêtres aveugles… et un nouveau feu rouge juste avant ceux du bas des Flumeaux pour permettre au parking de la Coop de dégorger ses voitures supplémentaires. C’est ça, le nouveau quartier dont vous rêvez? Si c’est le cas, alors oui, nous sommes ennemis. Moi, c’est justement contre cette foutaise que je me bats, dont les municipaux que j’ai rencontrée ne sont d’ailleurs pas très fiers. Et contre l’hypocrisie consistant à vendre un « écoquartier » durable alors que celui-ci se résumera en gros au respect des standards minimaux.
Pardon, je corrige: en matière de circulation, les places de parc demandées pour la première étape de Prilly-Malley ne correspondent qu’à la moitié (sauf erreur) de ce qui serait légalement exigible. Mais comment sera absorbé le trafic supplémentaire? On nous vante une avenue du Chablais « revitalisée ». Elle est surtout engorgée, aujourd’hui déjà, à de nombreux moments de la journée. Je le dis tout net: je ne crois pas aux projections de l’étude de circulation présentée avec l’enquête, n’ayant pas réussi à savoir si elles se fondent uniquement sur ce morceau de quartier, ou sur toutes les voitures supplémentaires générées par les nombreux projets au Sud-Ouest de Lausanne par le PALM/SDOL. Vous qui savez tout, avez-vous des chiffres précis et convaincants?
Oui, il faut construire la ville en ville, mais pas n’importe comment et surtout pas en cachant une partie de la réalité aux gens. Par ailleurs, vous savez certainement qu’il y a plusieurs façons de densifier, pas seulement en hauteur. Le quartier sous-gare de Lausanne, souvent cité en exemple par les urbanistes pour défendre la densification, en est un exemple, il y en a d’autres. Après 50 ans d’erreurs et tâtonnements urbanistiques, je me désole qu’on en soit encore à simplifier le débat en « des tours ou rien ». Dans cet article (http://bequilles.ch/2015/04/27/densifier-quils-disent/) que curieusement vous ne citez pas, je relaie les réflexions de Benedikt Loderer au sujet de l’utilisation du vide, de l’espace entre les bâtiments. Prilly-Malley est le cas-type où cette réflexion n’a pas lieu. On veut construire en hauteur pour dégager de l’espace au sol, mais y faire quoi? Quoi sur l’esplanade du complexe sportif, et sur celle juste à côté de la tour à 100 mètres, et quoi sur la place plus au sud, et quoi autour de la gare? Avec quelles activités régulières qui font la vie d’une ville (écoles et crèches, magasins, pas seulement les supermarchés, places de jeu, terrasses, espaces de rencontre à taille humaine)? Quelle politique pour que ça ne ressemble pas à un Kuala Lumpur du pauvre, parcouru par les supporters du LHC deux fois par semaine et désert comme un parvis soviétique le reste du temps? Voilà le genre de questions que des urbanistes, architectes et responsables politiques devraient se poser s’ils pensent vraiment au bien-être de la population. Dans des pays plus évolués que la Suisse sur ce plan, il existe moult solutions de densification différentiées pour y répondre. Ici, la discussion n’a même pas encore commencé.
Alors je me désole que quelqu’un comme vous, qui affiche des compétences élevées sur le sujet, ne se préoccupe pas de ces questions. Je ne suis pas un « urbaniste-architecte-révolutionnaire » qui s’oppose à un nouveau quartier près de chez lui (au contraire, je le souhaite réussi!), mais un citoyen qui n’a certainement pas l’intention de fermer sa gueule, que cela vous plaise ou non. Il n’y a d’ailleurs rien de révolutionnaire à densifier et à créer de vrais écoquartiers, les Suisses alémaniques ont quelques longueurs d’avance sur nous. Dans le cas qui nous intéresse, je trouve qu’on prend les gens pour des cons, persiste et signe.