Pas de possibilité de logement à Hauenstein, terme de l’étape. Du moins est-ce ce que dit notre guide, mais une fois dans le bus postal qui descend sur Olten, à quinze minutes de routes, je remarque au passage un « Strohlager » dans une ferme du village (dortoir sur la paille) - trop tard pour revenir en arrière.
D’ailleurs Olten mérite le détour et vaut bien mieux que la réputation de noeud ferroviaire sinistre qui lui colle à la peau. C’est ici que les CFF ont fixé leur « kilomètre zéro », et la plupart des voyageurs qui s’arrêtent à Olten n’y sont qu’en correspondance, ou pour un rendez-vous dans la zone industrielle. Pourtant on y trouve un pont de bois qui mène vers une vieille ville, pas très grande mais aux terrasses très animées pour un soir de semaine d’octobre. Le B&B « Olten », à dix minutes à pied de la gare, situé à l’étage inférieur d’une villa séculaire et joliment rénovée, est des plus accueillants. Vélos électriques et guides à foison pour les amateurs. Aussi énergique qu’une batterie chargée à bloc, notre hôte réserve pour nous une table au Flügelrad, le resto branché et pas cher créé par les écrivains Alex Capus (auteur du « Roi d’Olten ») et Pedro Lenz.
A noter qu’aussi bien dans son histoire médiévale que plus récemment par le groupe d’écrivains qui s’y réunissait dans les années 70 en passant par le Comité d’Olten en 1918, la ville cultive une longue tradition de rebelle et d’empêcheuse de penser en rond.