Ces objets ou tableaux de Houmas house ne se trouvaient pas tous dans la maison originale, tant s’en faut, mais tous sont d’époque, de la région et d’une grande valeur esthétique, voire pécunière. Ainsi, la petite peinture représentant deux esclaves dont un fumant la pipe dans un champ de coton vaut quelque 40 000 dollars, et il existe plusieurs peintures similaires exposées dans un seul salon. Un autre tableau reproduit dans ce diaporama relate un fait historique, la fameuse course des vapeurs « Natchez » et « Robert Lee » entre New Orleans et St-Louis, en 1870. Le second l’emporta en trois jours et 18 heures, un record qui ne fut jamais battu. Peut-être parce que les prescriptions de sécurité empêchèrent peu à peu de se livrer à ce genre de duels qui provoquèrent des dizaines de naufrages et des milliers de morts sur le fleuve.
Dans ces photographies, je me suis concentré sur des objets qui me semblent exprimer le mieux l’esprit de l’époque. Il y a cette très belle sculpture de Lincoln pensif, réalisée par le même artiste qui a dessiné la tête du président pour le Mont Rushmore. Je trouve aussi révélatrices les différentes représentations du « nègre », et tout ce qui concerne la literie ou les habits. Les corsets des femmes les mettaient à la torture dans ce climat moite, comme en témoigne la lettre de l’une d’entre elles. Tout ce qui se faisait de mieux à Paris était importé par bateau: boîtes à musique, horloges, tables marquetées, sans parler des grands crûs.
Quant à la cage d’escalier, elle est à elle seule un petit chef d’oeuvre de décoration intérieure. Le mocassin indien, finement ouvragé, est une des rares reliques des premiers occupants de ces terres.