Ce qui reste des Indiens

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes Indiens sont décidément les perdants de l’Histoire. D’abord parce que ceux qui n’ont pas été tués par balles, mauvais traitements ou maladies importées sur le continent nord-américain ont laissé des descendants parqués dans des réserves, généralement alcooliques, assistés ou les deux à la fois.

Le combat est tout aussi inégal sur le terrain du souvenir. Les Blancs qui ont colonisé les Etats-Unis font l’objet d’un exercice de mémoire intensif. Leurs maisons qui ont échappé au feu ou à la démolition des générations précédentes font l’objet d’un culte de la restauration, chaque planche est poncée et repeinte, chaque outil rouillé conservé pieusement comme une relique, chaque photo classée. La généalogie est un sport national.

Pour les esclaves venus d’Afrique, les traces sont déjà plus sommaires. Les cases où ils vivaient ont souvent disparu. Là où il en reste, on les compte sur les doigts d’une main. Leurs cimetières sont généralement anonymes, les identités incertaines. Mais disons que les historiens pétris de mauvaise conscience font au moins un effort, le lobby afro-américain y veille. La présence des esclaves et les conditions qu’ils ont endurées sont régulièrement mentionnés dans les lieux historiques, notamment les plantations de coton dont ils furent le principal capital.

Les premiers habitants d’Amérique, les Indiens, sont les moins bien lotis. De leurs habitations, il ne reste plus rien. Pour les évoquer, les archéologues ont fait tracer des ronds et des carrés en pierre sur le sol, quelques panneaux exposent des dessins de huttes et de temps. Dans les musées comme celui du parc de Grand Gulf, une vitrine mal éclairée expose en vrac des dizaines de pointes de flèches, des outils et quelques pièces de vêtement laissant imaginer que les tribus indigènes avaient un niveau d’organisation et de culture plus élevés que ce qu’on imagine généralement. Mais si des recherches plus poussées ont été menées - c’est sans doute le cas - le grand public a peu d’occasions d’en prendre connaissance de façon accrocheuse (alors que la mise en scène de leur histoire est un talent reconnu aux Américains).

Reste les « mounds », ces monticules de taille variable, lointains cousins des pyramides aztèques, qui servaient de lieux de culte, où étaient érigées parfois des constructions. Le plus imposant, à une quinzaine de kilomètres de Natchez, est le Mound Emerald, il fait environ 250 mètres de long sur 150 de large, deux collines artificielles (dont l’une photographiée au début de ce billet) s’y répondent à chaque bout. Entre les deux, il y avait encore trois paires de monticules plus petits qui ont disparu.

Natchez3L’autre trace de présence indienne, ci-dessus, se situe plus près de Nashville.

Une réponse

  1. Les canadiens ne sont pas très à l’aise quand ils parlent des amérindiens. Mais ils sont visibles, que ce soit au Québec ou en Alberta: musées, villages historiques. Sinon, j’ai vu de petits villages tristes en Alberta habités par des amérindiens. A Calgary, la majorité des SDF sont des amérindiens.

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