L’autre soir en zappant, je suis tombé sur l’interview d’Anne Sinclair. Contrairement aux millions de téléspectateurs qui sont restés scotchés à cette émission, j’ai tenu deux minutes. Tout cela respirait tellement le faux, la mise en scène, la pseudo-confidence, la complaisance et l’intimité feinte qu’il s’en dégageait un sentiment de vide prodigieux. Tant qu’à parler de cul, une discussion bien franche sur la vie sexuelle du couple DSK-Sinclair aurait pu être amusante, avec tous les détails, mais non, là on se la jouait Oprah Winfrey à la parisienne. Sauf que c’est un métier, pas juste une posture.
D’où l’idée un peu folle qui m’est passée par la tête. Et si, pour soigner le « mal français » au sujet duquel de doctes penseurs remplissent des bibliothèques d’analyses, on commençait par vider provisoirement deux lieux stratégiques de leurs occupants: l’Elysée et les studios de télévision. Plus de Hollande (ni de Sarkozy) pendant cinq ans. Pas de président-papa-pseudo-monarque, pas d’effets de manches avec de nouveaux plans fracassants et pas appliqués. Pas d’Anne Sinclair, plus d’Arthur (pour toujours, dans ce cas), d’Ardisson et tous les autres que je ne connais pas parce que je ne regarde presque plus la télévision française. Une grande pause, juste la mire.
Au début, vent de panique, manque d’air, au secours. Et puis d’autres voix qui s’élèvent par d’autres canaux. Des gens qui discutent, qui proposent, qui n’ont pas forcément de prébendes à défendre. Des idées. Comme disait Gébé il y a 41 ans: on arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste. La France qui vit et qui change, pas celle du malheur cultivé, celle qui se bat et invente.
Pays voisin que j’aime, qui es un peu le mien, débarrasse-toi de tes vieilles idoles.
:D
Se débarrasser des « vieux machins » (présentateurs et émissions) alors que le pays cultive les journées mémorielles !
Aucune chance !
Je le crains, en effet… Mais bon, on peut rêver.