Quel contraste! Après que les Suisses ont accepté de justesse l’initiative "Contre l’immigration de masse", la chancelière allemande Angela Merkel reçoit longuement le président de la Confédération Didier Burkhalter, l’écoute patiemment expliquer la situation délicate dans laquelle se trouve le gouvernement suisse (opposé à l’initiative mais tenu de l’appliquer). Si elle regrette la décision populaire, elle observe qu’il faut la respecter, maintenir autant que possible les relations intensives entre la Suisse et l’UE, trouver des solutions raisonnables en avançant pas à pas.
Pendant ce temps, le ministre français du Redressement industriel Arnaud de Montebourg déclare sur France Inter que la votation suisse est "un suicide collectif", "du "lepénisme en vrai".
Outre que les déclarations de M. de Montebourg ne vont guère arranger les relations déjà fraîches entre la France et la Confédération, on observera que le pays d’Angela Merkel, avec son approche nuancée et pragmatique des problèmes, a su contenir son extrême-droite tandis qu’en France, où des ministres à grande gueule font la leçon à tout le monde, Le parti de Le Pen est actuellement crédité d’un tiers des suffrages.