Manifestation contre les licenciements à l’Hôpital de La Providence. Au moment où le cortège s’élance, samedi 16 février devant la gare de Neuchâtel, la messe est dite: la veille, le groupe Genolier a confirmé qu’il rachetait La Providence - ce à quoi s’opposait une partie du personnel. Dans la foulée, la convention collective CCT 21 du personnel hospitalier est remise en question dans tout le canton. Quant aux quelque trente grévistes licenciées - des infirmières pour la plupart - elles n’ont pas été réintégrées, leur combat se poursuit devant des tribunaux. « Vous avez perdu », dis-je à l’une d’entre elles. « Nous avons gagné notre dignité », répond-elle. Dans les rues basses, le cortège passe devant les affiches d’Economiesuisse invitant à refuser l’initiative de Thomas Minder « Contre les salaires abusifs ». C’est là que j’ai photographié la collision de ces deux moments sociaux. Le 3 mars, l’initiative Minder a été acceptée par 67,9% des votants, le directeur d’Economiesuisse a été poussé dehors peu après, le lobby des milieux économiques est en crise. J’ai retenu cette image pour une autre raison: le personnage à la loupe symbolise la surveillance obsessionnelle du citoyen dont Edward Snowden a montré l’étendue. Les stratèges d’Economiesuisse n’avaient évidemment pas cela en tête quand ils ont composé leur affiche.