On peut répandre sa bile à longueur d’année sur les requérants d’asile qui abusent de l’aide sociale, dénoncer le travail au noir et simultanément profiter un peu des requérants et du travail au noir quand l’occasion se présente. C’est ce qu’ont fait le conseiller national UDC Hans Fehr et son épouse Ursula, UDC comme lui et présidente de la commune d’Eglisau. Ainsi que l’a relaté la NZZ am Sonntag, le couple Fehr a employé sans la déclarer ni payer un sou d’AVS une requérante d’asile serbe. Il se s’agissait pas d’un travail régulier, précisent Hans et Ursula Fehr dans leur prise de position: ils avaient développé "une relation amicale" avec la famille serbe, dont le mari travaille à plein temps. A l’occasion, sa femme venait faire un peu de ménage et, en compensation, les Fehr lui ont versé un dédommagement de "quelques centaines de francs par an".
C’est-y pas touchant, ça? Une belle histoire fraternelle et interculturelle, une forme d’entraide entre gens de bonne volonté. Comme quoi on peut tenir les discours les plus durs sur l’asile et se montrer humain et pragmatique dans la vie de tous les jours. Le hic de cette histoire est que la dame serbe n’avait, en tant que requérante d’asile, pas le droit de travailler et que même si cela avait été le cas, les Fehr auraient dû payer l’AVS sur son salaire, même s’agissant de quelques centaines de francs seulement. "Notre erreur est d’avoir cru que nous étions en-dessous du seuil inférieur de cotisation", plaide le couple UDC, qui présente ses excuses et s’engage à payer les arriérés. "Ainsi, tout ce qui devait être dit l’a été de notre point de vue", conclut leur communiqué.
Du point de vue des Fehr, peut-être, mais du point de vue de la dame serbe? Celle-ci risque des sanctions, voire une expulsion si on lui appliquait les recettes prônées par l’UDC dont Hans Fehr est un des ténors. C’est marrant, mais il ne pipe mot pour préciser s’il était au courant du statut de la dame, s’il n’en a pas pas hasard un peu abusé, et ce qu’il compte faire pour l’aider cas échéant compte tenu des "rapports d’amitié" développés.
Hans Fehr sait se montrer plus disert quand il s’agit de vitupérer les sans-papiers, rappelle le Tages Anzeiger. En 2001, il déclarait lors d’un débat sur une amnistie les concernant: "Quand on met la main sur un travailleur au noir, la justice doit suivre son chemin". Trois ans plus tard, lors d’un débat sur la révision de la loi sur l’asile, il ajoutait: "Certains aimeraient que le plus grand nombre de demandeurs d’asile puissent travailler le plus tôt possible. Ce faisant, ils violent le droit du travail et privilégient les requérants par rapports aux étrangers qui doivent remplir diverses conditions pour détenir un permis de travail régulier." En 2010: "Nous sommes naturellement d’accord que les étrangers en situation régulière qui sont utiles à notre pays puissent rester, c’est pour les autres que nous avons besoin de notre initiative sur le renvoi". En 2002, Hans Fehr estimait que les Serbes, habitant "un pays pacifié", n’ont aucune raison de se voir accorder l’asile. Et l’an dernier, il enfonçait le clou: "Il existe des personnes qui viennent en Suisse et déposent une demande d’asile bien qu’il n’aient aucun motif valable pour cela et qui, bien que leur demande soit refusée, insistent encore."
Pour ce qui est de faire le ménage, Hans Fehr est plus à l’aise avec les grandes théories à l’emporte-pièce que dans sa propre maison.
Pas très fair, le Fehr! Mais a force de faire le fier, il n’est pas sorti d’affaire !!…. Manque de flair?
A reblogué ceci sur Bloggo ergo cogito et sumet a ajouté:
Quand les grands champions auto-proclamés du peuple et de la morale patriotique sont pris les deux mains dans le pot de confiture, ça donne ça: du paternalisme dégoulinant pour se donner bonne conscience, sans aucun égard pour la situation dans laquelle est mis le destinataire de cette charité! Contrairement à ce que prétend M. Fehr, cette anecdote est tout à fait révélatrice de la politique de l’UDC: des problèmes mal diagnostiqués, des solutions irréalistes et sur le terrain, des accommodements personnels totalement opportunistes avec la loi. Et quand on sait que nombre de foyers suisses agissent de la même manière, tout en soutenant l’UDC, on comprend un peu mieux où se situe l’hypocrisie dans ce pays. Et certains auront beau hurler au "politiquement correct", cela ne change rien au fait qu’une bonne partie du pays tire profit sans vergogne de la situation de fragilité et précarité de toute une population d’immigrés, tout en dénonçant régulièrement leur présence souvent illégale et en les qualifiant de "criminels"!
Aucune sympathie pour Fehr, jamais voté UDC. MAIS il n’empêche que nous avons un gros problème de surpopulation. Selon Dessemontet, socialiste et géographe, il y a entre 30 et 60 % de personnes d’origine étrangère en Suisse. On ne fait pas des chats avec des chiens, et les étrangers naturalisés votent pour ceux qui ont facilité leur naturalisation. Cela provoque qu’on le veuille ou non une déculturation et une désidentification (voir l’attitude des jeunes "Suisses" (de papiers…) sur l’armée ou le littering…) et on va découvrir que la Suisse est soluble dans l’Europe. Cela fera au moins plaisir aux mânes de Khadafi…