Je rêve. La Radio élévision Suisse, « à l’étroit à la Sallaz », envisaqge de déménager dans de nouveaux locaux, plus grands, nous apprend 24 Heures. Pas une ligne, pas une question sur le bien-fondé, la nécessité réelle de cette opération. Techniquement, le matériel radio-TV n’a cessé de se miniaturiser depuis vingt ans. Les maisons de production indépendantes travaillent dans des locaux raisonnables, qui n’ont pas besoin de ressembler à des studios de Hollywood. Bien sûr, il y a le personnel à loger, tous ces cadres, coordinateurs et autres communicateurs nés de la grande fusion RTS - quelques journalistes et animateurs aussi.
Mais la RTS a de gros soucis financiers. Ce n’est pas moi qui le dit mais le big boss de la RTS Roger de Weck dans une interview à la NZZ, où il évoque le trou de la caisse de pension (une de plus!). En revanche, Roger de Weck reste muet sur les priorités que doit se fixer une entreprise qui va se vautrer dans les chiffres rouges. Au contraire, la RTS vient de remanier sa stratégie. Elle « définit pour la première fois les grandes lignes de développement de son offre radio, tv et online », cocoricote son communiqué. La suite montre qu’il n’en est rien. Dans une grande salade russe, il est question d’ « augmenter le nombre de productions originales suisses », d’ »augmenter le nombre de retransmissions en direct », de « développer sans attendre la Smart-TV », de « toucher mieux encore le public mobile, en ville et à la campagne » - tout cela sans un un mot sur les implications financières.
Bien sûr, on qualifiera les considérations ci-dessus de radotage d’un vieux journaliste de presse écrite aigri de voir celle-ci crever à petit feu tandis que la RTS peut continuer d’envoyer ses factures Billag à 462 francs par an. Je précise donc que je suis sceptique face à toute forme d’aide à la presse, qu’elle soit écrite ou radio-télévisuelle, les journaux ne s’étant jamais mieux portés suite à l’ingérence des politiciens et, pire, des fonctionnaires (je connais peu d’offices aussi arrogants et peu utiles que celui de la communication au DETEC). Cela étant, il serait temps que quelqu’un définisse ce que recouvre la mission de service public de la RTS.
Actualisation le 19 octobre: La RTS diffuse un clip publicitaire expliquant que regarder la TV et écouter la radio tous les jours ne coût que 1 fr. 30, pour des programmes en trois langues, et que la redevance annuelle coûte moins cher qu’un abonnement combiné Tages-Anzeiger/SonntagsZeitung (560 frs) ou un abonnement combiné Matin/Matin Dimanche (640 frs). Ce qu’oublie de préciser le clip, c’est que chacun doit payer la redevance, alors que les lecteurs sont libres d’acheter ou non tel ou tel journal, au rythme et selon la formule qui leur convient.