Ghulam Ahmad Bilour est ministre des chemins de fer au Pakistan, fonction où il s’est distingué par son incompétence et son arrogance, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée. Il aurait eu cette formule historique sur le sens de sa mission: « L’Afghanistan et l’Arabie saoudite n’ont pas de chemin de fer, pourquoi devrions-nous en avoir? ». C’est cet homme clairvoyant qui a offert samedi une récompense de 100 000 dollars à celui qui assassinerait l’auteur du navet anti-islamique qui provoque en ce moment des manifestations anti-américaines dans les pays musulmans.
Dans un pays à peu près normal, il serait mis à pied immédiatement, on lui collerait une plainte pénale aux fesses. Mais nous sommes au Pakistan. Interrogé par la BBC, un porte-parole du gouvernement s’est contenté de dire que celui-ci « se dissociait absolument » des propos de Monsieur Bilour.
Le Pakistan a reçu un déluge d’argent américain depuis dix ans, on parle de 20 milliards de dollars. Plus les Etats-Unis financent ce régime totalement corrompu et incompétent, plus celui-ci attise les sentiments anti-américains de la populace. Il doit y avoir là-dessous des intérêts stratégiques supérieurs qui m’échappent. Peut-être qu’ils commencent à échapper même aux plus hautes sphères américaines. Un point remarquable de la campagne présidentielle est le silence des deux candidats sur la politique de leur pays dans la région, en Afghanistan voisin et au Pakistan. Peut-être parce que le retour sur investissement est difficile à justifier auprès de l’opinion? Après le déraillement du tchou-tchou ministre Bilour, ça va devenir encore plus difficile.