… qui précise ses contours. Elle occupe les Pâquis à Genève, où une école a dû temporairement déplacer les enfants, selon la TdG. Le même journal nous apprenait hier qu’une bataille rangée a opposé dimanche, à coups de barres de fer, « plusieurs dizaines » de trafiquants à des commerçants du quartier. Extrait: « Un restaurateur et son frère quittent leur établissement situé dans le secteur pour saluer plusieurs amis qui fêtent l’Aïd. Lorsque les deux hommes arrivent à l’angle de la rue de Berne et de la rue De-Monthoux, un homme leur barre le passage. Il veut leur vendre haschisch, marijuana ou cocaïne. Refus des deux Genevois, qui s’attendent à poursuivre leur promenade. Mais ce dealer ne s’écarte pas et insiste. «On lui a dit de nous laisser passer. Il a sorti quelque chose de sa poche et a blessé mon frère à la tête. Ça saignait beaucoup», accepte de témoigner le restaurateur, sous le couvert de l’anonymat. (…) J’ai vu alors quarante ou cinquante dealers arriver depuis plusieurs rues. »
A Lausanne, la République des dealers a pris ses quartiers depuis belle lurette à la Place Chauderon et dans ses environs immédiats. Depuis quelques années, elle a étendu son territoire à la rue de Bourg, qui prétendait jadis au titre de « petite rue Saint-Honoré » de la capitale vaudoise. Comme l’a promis le syndic Daniel Brélaz dans Le Matin Dimanche, « la scène ouverte de la drogue aura disparu en 2013 ». En attendant, les autorités ont imaginé une solution plus simple: fermer au public les passages les plus « chauds » (Riant-Mont) pendant les heures à risques, ou y installer des caméras (Chauderon). On se réjouit déjà de savoir à qui reviendra ce no man’s land dans un an.
Qui dit dealer dit clients. Un dossier de L’Hebdo publié la semaine dernière qualifie les villes suisses de « paradis de la poudre ».
Répression, prévention…, la solution-miracle se dérobe.
En 1992, Zurich avait un très gros problème avec le Platzspitz, devenu un abcès de fixation européen de l’héroïne. Dix ans plus tard, la Suisse se félicitait d’avoir « tiré les leçons » de cette expérience. Re-dix ans plus tard, la question se re-pose dans des termes finalement pas si différents, sinon que la cocaïne fait plus chic que l’héro.
De là à affirmer que notre société ne va pas très bien… Je sais, ça fait vieux con, mais il y a des jours où la connerie devient un refuge.
Actualisation le 28 août: A lire dans la Tribune de Genève, l’interview de Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions. Extrait: » En 2004, le Parlement a refusé la réglementation partielle de vente de cannabis proposée par le Conseil fédéral. Depuis, un discours populiste de guerre à la drogue s’est installé. Depuis 2008, on a augmenté la répression sur le trafic et les consommateurs, ce qui a provoqué l’explosion du deal, surtout du cannabis, principal produit sur le marché. »