Je ne connais pas la candidate socialiste qui a échoué à l’élection partielle au Conseil d’Etat genevois dimanche dernier. On la dit sèche, peu populaire. Si j’en juge par l’interview qu’elle donne ce jour à la Tribune de Genève, c’est une politicienne qui montre de la dignité et de la lucidité. Pas de jérémiades dans ses propos, pas d’attaques ni d’esprit revanchard, contrairement à celui qui suinte des déclarations de son camarade Manuel Tornare.
“Le PS a deux types d’électorat très différents, analyse-t-elle. Un électorat dit populaire qui semble filer chez les populistes. Et un électorat dit «spécialistes socioculturels» – enseignants, infirmières, classe moyenne, fonctionnaires – qui part en partie chez les Verts. Le PS doit mieux savoir à qui il s’adresse. Doit-il s’adresser à l’électorat ou aux gens qu’il veut défendre prioritairement? Si le parti ne répond pas à cette question, il risque de connaître des désillusions en 2013, quels que soient les candidats présentés.”
Genève n’est pas seule dans ce cas. C’est le défi des socialistes en général. Le PS genevois, un peu trop confiant dans l’arithmétique des forces électorales, a aussi oublié qu’il s’agissait d’une élection partielle et que dans ce cas de figure, les citoyens ne bousculent pas l’équilibre du gouvernement sans raison majeure.