Un “jouet”, l’Olympus OM-D? Alors vive le jeu!

Posted: 21 juin 2012 in Photographie

Le Père Noël passe toujours trois fois. Ce matin, c’est donc un colis avec un Olympus OM-D tout neuf qui m’attendait à la réception du Matin, muni de son zoom en kit 12-50mm ET de deux optiques fixes, les Zuiko 12mm et 45mm. A ceux qui m’accuseraient déjà d’être vendu à l’industrie, je précise que ces paquets sont retournés après 3-4 jours (hélas).

L’OM-D, donc. Déballons. La première chose qui frappe quand on découvre le boîtier est sa petite taille. J’ai été un fan des Olympus argentiques à cause du clacissisme harmonieux et ramassé des boîtiers et de la qualité des optiques. J’ai eu successivement un OM-1, OM-2 et OM-4. Du joli matériel que l’on avait bien en mains. A côté, l’OM-D semble avoir rétréci au lavage. Mais dès qu’on s’en saisit, l’impression se corrige: il est relativement lourd pour sa taille, ce qu’il doit à un boîtier métallique tropicalisé. Cela en fait le premier appareil de format 4/3 qui peut prétendre intéresser des professionnels ou semi-pros pas seulement comme second boîtier, mais comme outil principal.

Contrairement à Sony, dont le NEX-7 innove dans le design partout où c’est possible, Olympus a joué résolument la carte de la nostalgie en dessinant un boîtier avec protubérance centrale, comme s’il abritait un prisme propre aux appareils reflex, alors qu’il n’en est rien: le renflement contient le viseur électronique. Quand j’ai découvert les premières images de l’objet il y a quelques mois, j’ai été un peu déçu - pourquoi fabriquer en 2012 les boîtiers des années 1980? A le toucher, la déception s’estompe, car il est sacrément bien fini. La tenue se situe entre celle du NEX-7 (excellente, la meilleure des trois) et celle (approximative, sans la poignée d’appoint) du Fuji X-Pro 1. Ici, la poignée droite est faiblement renflée sur l’avant, mais l’OM-D complète le dispositif par un astucieux support de pouce en caoutchouc au dos du boîtier.

A propos de caoutchouc, la matière des boutons de commande au dos n’est pas très engageante. Comme ils sont en plus lilliputiens, cela contribue à donner l’impression d’avoir à faire à un “joli jouet”, comme me le disait le boss de Photo Grancy, alors que l’OM-D est bien davantage que cela, à mon humble avis.

J’avoue avoir eu un peu de peine à découvrir certaines commandes de base entre menus, mollettes et boutons, que je ne vais pas détailler ici. Quand on a compris, on s’y fait vite, et l’OM-D donne un accès rapide à toutes les fonctions importantes. Mais tout cela n’est pas très intuitif (pour moi). Ce temps d’apprentissage a fait que j’ai réalisé moins de photos avec l’OM-D qu’avec les deux autres appareils testés.

Une autre chose que l’on remarque vite en mettant l’appareil en fonction est que l’Olympus est doté d’un stabilisateur “5 axes” très sophistiqué dont je laisse la description à d’autres sites. J’en retiens deux choses: d’abord qu’il émet un faible zonzonnement pas antipathique, mais un peu surprenant au début. Ensuite que ce système de stabilisation a l’air diablement efficace.

Avant d’en venir aux images proprement dites, quelques mots sur le viseur exclusivement électronique, comme sur le NEX-7. Si on en croit les données chiffrées, il est moins performant que celui du Sony. Vous croyez les chiffres? Pas moi. Je crois mes yeux, et ils me disent que le viseur de l’OM-D est nettement meilleur que le Sony. Il vibre moins et, en basse lumière, se révèle nettement moins granuleux que son concurrent. De tous les viseurs électroniques que j’ai vus jusqu’ici, c’est le premier qui me fait croire sérieusement que l’avenir de la photographie passe par cet accessoire.

Assez tergiversé maintenant, quid du résultat photographique de toute cette technique? Bon sang, cet OM-D est vif comme l’éclair et ne rate presque rien. Impressionnant, surtout après avoir vécu l’à peu près du Fuji X-Pro 1 en matière d’autofocus. Olympus affirme avoir développé le Lucky Luke des systèmes de mise au point, et on est assez enclin à le croire. L’objectif (je parle ici des 12mm et 45mm à focale fixe, n’ayant pas eu le temps de tester le zoom standard) se jette sur sa cible comme vérole sur le bas clergé, et il voit juste neuf fois sur dix. C’est rassurant et permet de laisser libre cours à ses réflexes. Amateurs de “street photography”, cette chose est faite pour vous. D’autant plus qu’avec son écran arrière inclinable et tactile, on peut effectuer la visée et la mise au point de manière particulièrement discrète.

Les images sont incroyablement piquées - presque trop. Je ne sais pas quelle alchimie mécanico-électronique se joue dans le boîtier, mais il assure! Le résultat est satisfaisant à presque tous les coups. Pour les maniaques des comparaisons, le site 4/3 rumors renvoie à moult tests, dont celui de Camera labs qui donne d’excellentes notes à l’OM-D. Sans oublier bien sûr l’incontournable DP Review. Pour résumer les avis que j’ai lus (et mes premières impressions), ce capteur 4/3 donne d’aussi bons résultats que le capteur APS-C du Sony NEX-7, pourtant plus grand. Seul celui du Fufi X-Pro 1 (APS-C aussi) me paraît un cran au-dessus. La seule réserve que j’émettrai concerne le “bruit”, soit l’espèce de semoule qui se manifeste à partir d’une certaine sensibilité. Pour l’OM-D, je dirai que 1600 ISO est la limite supérieure (en étant tolérant), alors que le X-Pro 1 monte à 3200 ISO les doigts dans le nez. Cela étant, qui a besoin de ces très hautes sensibilités, à part dans 1% des cas?

Alkors quoi, pas d’images? Allons, si, deux quand même. La première - pas très originale, je vous l’accorde - est cette vue de la Cathédrale de Lausanne, pour montrer la précision chirurgicale de l’image dans de bonnes conditions de lumière. Réglage automatique (200 ISO), objectif 45mm. Observez la flèche de droite, zoomez si vous le pouvez. Sur l’original, on peut presque compter les plumes du coq. Bon, j’exagère un peu, mais pas tant que ça.

La seconde photo a été prise très vite, en passant, dans la boutique obscure d’un antiquaire. Objectif 45mm toujours, ouverture f2, mise au point sur la lampe de derrière. Le rendu des couleurs est très fidèle. Quant à la netteté (voir la tige en laiton de la lampe), j’ai dû adoucir l’image avec la commande “clarté” de Lightroom 4, tellement elle était piquée - trop à mes yeux pour cette atmosphère.

Bref, si l’OM-D est un “joujou”, c’en est en tout cas un que l’on a plaisir à prendre et reprendre en mains. Et c’est, à 1200-1300 francs suisses avec zoom standard, le moins cher des trois.

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