Mardi soir, le Grand Conseil neuchâtelois a accepté à une forte majorité (90 oui, 15 non, essentiellement de l’UDC et quelques radicaux) le projet de Réseau régional express (RER) dont la colonne vertébrale est le Transrun, un train-métro qui reliera Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds en 14 minutes. Grande idée dont le coût est à la hauteur des ambitions: 919 millions de francs selon le budget actuel. A côté de ceux qui râlent parce que la ligne CFF passe aujourd’hui devant leur porte et qu’ils devront faire un bout de chemin en bus si le Transrun la remplace, c’est le motif principal d’opposition au projet. Les sceptiques estiment que le canton dépense déjà trop et ne maîtrise pas ses charges.
Ils auront l’occasion d’exprimer leurs doutes lors des nombreux débats publics qui vont commencer dans les communes du canton avant la votation populaire fixée au 23 septembre. Mais, nous apprend incidemment L’Express du jour, ils ne pourront pas le faire sur un site web ironique qui s’appellerait www.transruine.ch. Quand on tape cette adresse, on est en effet automatiquement redirigé vers le site officiel www.transrun.ch. Des communicateurs prévoyant de l’Etat de Neuchâtel ont en effet acheté à titre préventif l’adresse “transruine” pour couper l’herbe sous les pieds des plaisantins. Ont-ils pensé que c’est à double tranchant? Les esprit mal tournés y verront l’aveu officiel que ce RER roule vers l’abîme financier.
Cela dit, l’accusation de dérive financière serait un peu injuste. Neuchâtel n’est peut-être pas un modèle suisse en matière de gestion des deniers publics, mais cela n’a pas empêché le canton de baisser les impôts pour les entreprises. S’il suit ces prochains jours le projet du Conseil d’Etat, le parlement cantonal devrait alléger la fiscalité des familles.