Les photos du voyage sont triées, “développées”, un choix est en ligne ici. En terminant cette chronique rapide sur la Guyane française et en relisant certains billets, j’ai le sentiment d’avoir été parfois sévère dans mes observations. Oui, ce bout de pays donne parfois l’impression de ne pas s’extraire de la spirale dépendance-assistanat, d’engloutir tôt ou tard les projets ambitieux. Mais quand je regarde ce documentaire de Claude Goretta réalisé en 1963 sur les “Vieux Blancs”, ces ex-bagnards qui n’ont pas eu la force ou les moyens de quitter l’endroit où ils avaient été relégués, j’entends qu’il y a cinquante ans à peine, la Guyane n’avait presque pas de routes, pas de lignes téléphoniques, que les cases y tombaient en ruine et qu’on y vivait comme dans un bidonville. La population était à peine de quelques dizaines de milliers d’habitants. Aujourd’hui, elle approche les 250 000 habitants, des régions comme Saint-Laurent du Maroni en accueillent chaque jour de nouveaux, les infrastructures se sont considérablement développées. Certes, 32 000 Guyanais n’ont pas encore accès à l’eau potable, ai-je lu dans un document officiel présentant une “stratégie” pour la région - une de plus - mais les choses bougent. “Un jour, ce pays sera prospère” pronostique un des ex-bagnards interrogés par Goretta. Laissons-lui cette chance.