Mark Muller et le double vitrage

« J’ai l’impression d’une grande cohérence entre toutes les parties qui composent ma vie, entre tous les projets que je mène et l’ensemble de mes convictions », écrit le conseiller d’Etat genevois sur son site personnel. On n’a pas franchement ressenti cette cohérence dans les déclarations qui ont suivi sa désormais fameuse altercation de Nouvel-An avec le barman d’un dancing. Peu importent au fond les circonstances précises de la bagarre: en politique c’est le mensonge démasqué qui tue. Or Mark Muller n’a cessé de tordre la vérité à son avantage au cours de cette affaire.

Dans quel but? La Tribune de Genève donne un élément de réponse ce matin: il s’accroche jusqu’à la fin de son mandat actuel, fin 2013, pour sauver une pension de 100 000 francs qu’il toucherait alors jusqu’à la fin de sa vie, comme ex-ministre cantonal. Et comme Mark Muller n’aura que 49 ans à cette date, cela peut représenter un joli pactole. Qui compense largement l’indemnité versée cette semaine par le conseiller au barman qu’il a agressé, versement dont le montant reste secret et que certains chiffrent à 50 000 francs. Ce serait cher payé pour une bagarre, mais pas pour s’assurer une retraite prolongée.

La question est: Mark Muller mérite-t-il cette mansuétude? Je ne suis pas un spécialiste de la politique genevoise, et les bilans de son activité que j’ai lus jusqu’ici sont, disons, contrastés. Se loger à Genève est toujours un enfer, mais il serait trop simple de tout mettre sur le dos du chef du département des constructions. Les responsabilités sont multiples.

En revanche, certains détails se révèlent intéressants. Cette semaine, la TdG publiait un autre article sur les Genevois qui grelottent dans leurs appartements, dont un quart ne sont pas encore équipés de double vitrage - la solution la plus efficace pour gagner en efficacité énergétique. Eh oui, une des villes les plus en vue de Suisse n’arrive pas à changer ses fenêtres au rythme qui convient. La TdG livre cette explication: Une loi « adoptée en 1989 et modifiée en 1996, donnait vingt ans aux propriétaires pour mettre les immeubles aux normes. Mais l’Etat et les milieux immobiliers ne se sont jamais entendus sur le délai. Etait-ce 2009 ou 2016? En tout état de cause, le premier est dépassé et reste à savoir si le deuxième sera respecté ».

Joli, non? Or qui était secrétaire général de la Chambre immobilière genevoise de 1993 à 2003? Mark Muller. Qui est conseiller d’Etat en charge des constructions depuis 2005? Mark Muller.

Si Mark Muller reste en place jusqu’à fin 2012, je propose qu’on déduise 1 franc par an sur sa pension pour chaque vitrage non doublé à cette date.

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