Après 16 mois de négociations, cinq grandes banques américaines ont accepté de payer 25 milliards de dollars pour alléger le fardeau des victimes de la crise des « subprime ». Ces hypothèques pourries concernaient souvent des gens qui n’avaient pas les moyens de respecter leurs engagements, mais que les banques racolaient quand même par des méthodes agressives, en faisant fi des contrôles internes, pour faire du chiffre.
Le réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron avait décrit le mécanisme dans un docu-fiction tourné à Cleveland (Ohio), intitulé justement « Cleveland contre Wall Street ». Chose rare les habitants de cette ville avaient intenté une action en justice contre les banques. Celle-ci n’ayant pas eu de suites, Bron avait décidé de filmer quand même un procès fictif, avec de vraies victimes et un défenseur des banques. Le jugement, fictif aussi bien entendu, en a d’ailleurs surpris plus d’un.
Vingt-cinq milliards, c’est peu de chose par rapport au coût de la crise des « subprime », qui a dépassé les 1000 milliards de dollars (coût qui ne concerne pas uniquement les preneurs d’hypothèques étranglés). Il n’en a pas moins une valeur fortement symbolique pour les banques incriminées: Bank of America Corp, Wells Fargo & Co, JPMorgan Chase & Co, Citigroup Inc et Ally Financial Inc. La Réserve fédérale a en outre imposé une amende de 766 millions de dollars aux établissements, qui devront appliquer des règles de prêt plus strictes. D’autres démarches judiciaires sont pendantes.