Sony a7S avec Tele-Elmarit-M 90mm

Monthey2Trop de choses à faire aujourd’hui pour une vraie sortie photographique, temps gris et peu engageant. Alors j’en profite pour écrire ce billet plutôt destiné aux « pixel peepers » et autres fans de matériel photo. Depuis quelque temps, les lecteurs de ce blog ont vu que j’ai troqué mon Nikon D800 contre un Sony a7S. Oui, j’ai échangé un appareil équipé d’un capteur plein format de 36 millions de pixels contre un autre qui en a trois fois moins et dont le lancement du modèle-frère (le a7) m’avait laissé plutôt froid.

Pourquoi ce revirement? D’abord parce qu’au fond, je ne m’étais jamais vraiment fait au D800. Lourd, un peu trop volumineux pour mes mains. Et puis ce je ne sais quoi de décevant dans les images, parfois bien nettes, parfois pas, sans que je puisse clairement en expliquer la cause. La réponse se trouve peut-être dans les forums qui ont testé plus complètement le Nikon D800, son capteur 36 MP, ses forces et faiblesses. Parmi les secondes, celle-ci: sa densité est telle que la moindre vibration ne pardonne pas. Et justement, le D800, avec son claquement de miroir et son premier rideau, émettait des vibrations faibles mais assez marquées pour flouter très légèrement l’image -même à des vitesses considérées comme sûres (par ex. 1/125è pour un petit télé). Un défaut que prétend corriger le boîtier D810 avec son mécanisme de miroir amélioré et son premier rideau électronique.

Monthey1Peut-être, quoique les premiers tests ne montrent pas une différence notoire. Mais en lisant cela, ainsi qu’en découvrant que certains boîtiers Nikon D800 (dont le mien) avaient des problèmes de netteté sur certains points du système AF dans le viseur, je me suis lassé d’une marque qui se prétend haut de gamme et lance sur le marché des produits chers et pas complètement aboutis.

Parallèlement, je lisais les comptes-rendus enthousiastes de Steve Huff et d’autres sur le Sony a7S. Le boîtier ne m’a plus paru si anguleux, je l’ai pris en mains et il y tenait bien. Son viseur électronique était spectaculairement efficace, la possibilité de déclencher sans faire aucun bruit aussi, il n’y avait pas de problème de vibration dû au miroir ou au premier rideau. J’ai fait quelques essais avec l’objectif Zeiss 50mm f1.8, ils m’ont convaincu.

Ainsi, j’ai vendu le Nikon D800 et, au lieu d' »upgrader » vers le D810, j’ai décidé de changer de système. C’était il y a six mois, et je ne l’ai pas regretté une seconde depuis.

roueSi vous ne faites pas des photos destinées à devenir des affiches format mondial, les 12 millions de pixels du Sony a7S suffisent amplement. Ils prennent moins de place sur le disque dur, font moins mouliner vos programmes et permettent d’agrandir sans problème jusqu’à 50x70cm. Surtout, cet appareil équipé du Zeiss 50mm f1.8 livre, avec une belle constance, des photos à la fois très nettes et délicatement veloutées. C’est difficile à expliquer avec des mots. La comparaison qui me vient à l’esprit est la suivante: alors que les appareils sonores de Sony de ma jeunesse rendaient un son métallique, assez dur, « à la japonaise », c’est tout le contraire avec le a7S+Zeiss 50mm: les images pourraient sortir d’un boîtier « film », à la fois précises et douces. Elles sont moins travaillées et « cliniques », en JPEG déjà, que celles de l’Olympus OM-D E-M1 par exemple, plus régulièrement réussies que celles du D800. Je retrouve le plaisir charnel de la photo que ne me donnait pas ce dernier.

Reste l’éternel problème de Sony: cette marque sort un nouveau boîtier tous les trois mois ou presque, mais les objectifs ne suivent pas. Le zoom grand-angle Zeiss 16-35mm F4 présenté à la dernière Photokina semble réussi (comparable en performance optique au Nikon 16-35mm, selon DXO), mais on ne se refait pas: j’ai un faible pour les focales fixes. J’attends avec curiosité le Zeiss Loxia 35mm f2 à mise au point manuelle conçu tout exprès pour la gamme Sony a7 (il faudra consacrer un billet spécial à la beauté de la mise au point manuelle, que la plupart des photographes ne savent hélas plus maîtriser). En attendant, la question - doublée d’une forte tentation - pour tout possesseur de boîtier Sony a7 est: puisqu’il existe plusieurs adaptateurs (Novoflex, Voigtländer, etc.) pour les optiques Leica, vaut-il la peine d’investir dans ces coûteux et magnifiques cailloux, réunissant ainsi le meilleur de deux mondes sans se ruiner pour un boîtier Leica?

DawaIl y a deux écoles sur le sujet. Les uns trouvent la combinaison convaincante, d’autres estiment que les optiques Leica ne donneront le meilleur d’elles-mêmes que sur des boîtiers de la même marque, et qu’un mariage Sony-Zeiss reste plus efficace, sans oublier qu’il offre l’autofocus (sauf la série spéciale Loxia), contrairement aux objectifs Leica. Plusieurs sites mettent en garde contre le recours aux grands-angles Leica (28 et 21mm.) sur un boîtier Sony a7 (en particulier le modèle à 24MP et le a7r à 36MP): il y a du vignettage, et parfois des problèmes optiques vu la faible le distance au capteur. Il vaut mieux y réfléchir à deux fois avant de payer des milliers de francs pour un résultat aléatoire.

Le risque est bien moindre pour les focales de 50mm et au-dessus. Le combo qui fait rêver est bien sûr le Sony a7 avec l’apo-Summicron 50mm f2. Mais comme cet objectif coûte la bagatelle de 8000 francs, il vaut mieux tester un mariage Sony-Leica avec quelque chose de moins cher. C’est ce que je fais depuis quelques jours avec un petit téléobjectif Leica Tele-Elmarit-M 90mm f2.8 déniché au prix très raisonnable de 500 francs chez Photo Grancy à Lausanne. « Made in Germany », en parfait état, la bague de mise au point coulissant avec onctuosité. Léger comme tout en plus, convenant parfaitement au volume du a7S. Et comme ce dernier se joue des hautes sensibilités, il n’y a aucun problème pour « monter les ISO » à 1000 ou 1250 et ainsi garder une vitesse d’obturation confortable tout en fermant le diaphragme à f4 ou f5.6.

canapéLe Tele-Elmarit-M est un objectif « moyen de gamme » chez Leica fabriqué entre 1974 et 1990, moins « piqué » que le plus récent apo-Summicron 90mm f2. Mais il coûte sept fois moins cher et reste très bien coté pour ses qualités optiques et mécaniques. Les images dont ce billet est parsemé depuis le début, et dont vous vous demandez sans doute quel rapport elles ont avec le texte, sont simplement ma modeste et provisoire contribution au grand débat: Sony a7 + Leica, la combinaison gagnante? Elles ont été prises aujourd’hui, dans différentes conditions de lumière, plutôt défavorables (faible, artificielle ou grisouille) avec un Sony a7S équipé de l’objectif Leica Tele-Elmarit-M 90mm. Les fichiers sont des JPEG (la prochaine fois, je serai plus sérieux et travaillerai sur des fichiers RAW).

Les données techniques sont les suivantes. 1) Vue de Monthey: 1000 ISO, 1/800e, f5.6. On remarque un affaiblissement de la netteté dans les coins, mais pour le reste, le résultat me semble assez bon, compte tenu de la brume ambiante. 2) Château de Monthey, statue: 1000 ISO, 1/1250e, f2.8. A noter que grâce à l’aide de mise au point manuelle qu’offrent les bandes striées réglables en plusieurs couleurs et épaisseurs pour signaler la zone de netteté, régler la bague du Tele-Elmarit-M est plus facile sur un boîtier Sony a7 que sur un boîtier Leica. 3) Château de Monthey, roue de canon: 1000ISO, 1/80e, f4. La mise au point est sur le troisième rayon depuis la droite, précise malgré la pénombre ambiante. 4) Chat couché: ISO 640, 1/50e à f2.8. Pas de bougé malgré une vitesse lente pour un petit télé de 90 mm et une photo à main levée. 5) Canapé: ISO 640, 1/100e à f2.8. Permet de voir l’effet de flou à l’arrière-plan. Léger effet de couleurs moirées sur les zones d’ombres, probablement les limites du Tele-Elmarit-M.

Voilà, désolé d’avoir passé par un long préambule pour présenter ces images, qui seront suivies d’autres au fil de mes expériences. A part ça, Sony vient d’annoncer un nouveau boîtier de la série a7, doté d’un stabilisateur cinq axes comme l’Olympus OM-D E-M1 (redoutablement efficace), qui sera suivi d’un modèle professionnel, le a9 au printemps 2015. Je ne sais pas comment les autres font pour suivre, moi je n’y arrive pas… Mais j’en tire la conclusion que Sony croit à la monture E (celle des boîtiers a7) et que par conséquent, le choix d’objectifs devrait s’élargir rapidement.

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