- Bonjour monsieur, je peux vous demander ce que vous faites là?
- Je prends des photos de bâtiments parce que l’architecture m’intéresse. Ce n’est pas interdit? Je suis dans la rue.
- Non, c’est juste pour savoir.
- Rassurez-vous, je ne suis pas en train de voler des secrets industriels, je me promène!
- Bon. Vous êtes d’ici?
- Non.
- Et vous vous appelez comment?
- Péclet
- Vous faites quoi dans la région?
- Je suis journaliste, je suis venu faire un reportage sur le vote des Jurassiens et des Jurassiens bernois le 24 novembre.
- Ah bon.
- Au fait, puisqu’on en parle, je peux vous demander ce que vous allez voter?
- Ah non, c’est personnel, ça.
Pourquoi avoir répondu avec tant de bonne volonté ? Les temps ont changé pour tout le monde…
En fait, j’aime bien ce genre de situations. Le même jour, un gars du service d’ordre des Sangliers m’a tapé sur l’épaule: « Vous vous souvenez de moi? - Non. - A notre réunion il y a deux ans, je vous avais demandé pourquoi vous faisiez des photos. - Ah oui, je me souviens. - Puis vous avez écrit dans votre article que j’étais peu aimable. - Vous l’étiez en effet. Mais l’article vous a paru équilibré? - J’sais pas, j’ai lu que ce qui me concernait. - En tous cas, vous êtes plus aimable aujourd’hui…
Un jour, sur la route que j’empruntais tous les 15 jours, cinq Français pique-niquaient (euh, c’est vraiment comme ça que cela s’écrit ?). Un type s’est arrêté et a sorti du coffre de sa mercédès pourrie une Kalashnikov, les a abattus sans autre tous les cinq. Je dirigeais le plus important projet français dans ce pays. Comme je le disais : les temps ont changé pour tout le monde.