1. Qu’en est-il en Suisse du droit à l’image ? Je me suis souvent dit que j’aurais beaucoup de peine à tolérer qu’un cameraman me plante son engin en face et enregistre toutes mes réactions sans m’avoir demandé quoi que ce soit. Avez-vous demandé à ces gens la permission de prendre leur portrait, ce qui détruit toute spontanéité chez eux, ou parlez-vous avec eux après la photo ?
    Pour Jean-Marc Grob, pas de problème. Il vous connaît. Mais il doit être tout de même surpris de se retrouver ainsi en gros plan.

  2. En Suisse, le droit à l’image est régi par l’article 28 du Code civil, qui fixe le principe suivant:
    1 Celui qui subit une atteinte illicite à sa personnalité peut agir en justice pour sa protection contre toute personne qui y participe.
    2 Une atteinte est illicite, à moins qu’elle ne soit justifiée par le consentement de la victime, par un intérêt prépondérant privé ou public, ou par la loi.
    Il est donc assez restrictif (voir ce lien: http://www.domainepublic.ch/articles/6528, et celui-ci: http://www.photoreporters.ch/files/1352125408-a1droit-des-personnes-f1_fr-2465-515.pdf). Le guide pratique des photographes suisses précise néanmoins que "les images de la vie quotidienne prises dans la sphère publique ne posent aucun problème, pour autant que les personnes y figurant ne soient pas dégradées par une attitude équivoque ou extraite du contexte où elles se trouvent". A titre d’exemple, "s’il est possible de photographier les gens dans un parc public, on demandera son
    accord à un couple d’amoureux sur un banc".
    La photographie de rue est toujours un équilibre délicat entre le respect de la sphère privée et la spontanéité. Il y a des cas où je demande préalablement l’autorisation de la personne photographiée. Il y en a d’autres où cela enlève l’intérêt principal de la scène. J’élimine les images où les personnes pourraient avoir un air ridicule, déplacé ou "équivoque" comme dit ci-dessus. Cela étant, il est possible que certaines n’apprécient pas, même avec ces précautions, que leur image se retrouve sur un blog, même sans aucune utilisation commerciale. Que faire alors: renoncer complètement aux images "à la sauvette", appliquer des critères plus sévères? Votre avis m’intéresse. JCP

  3. Votre réponse me convient à moi, qui ne me suis pas retrouvé en situation. Imaginons maintenant que ce jeune homme au front large et à lunettes, au centre de la photo, se trouve disgrâcié par votre prise et qu’il s’en plaigne. Votre situation serait juridiquement délicate, mais je ne suis pas juriste. (Un excellent ami à moi et comme moi non-juriste me dit que le droit est toujours simple à prévoir, il défend l’intérêt de chaque partie. Je l’ai souvent vérifié…). Si vous aviez à faire avec moi, je supporterais très mal que vous preniez la photo et que vous vous tiriez sans autre. Avec l’avènement du numérique, il est possible de montrer la photo à la "victime".
    En 2006, invité à un mariage à Kaédi, où je travaillais, je me suis fait photographe. J’ai pris des photos de-ci de-là. Tous ceux qui me connaissaient l’ont très bien pris, mais un membre de la famille qui ne m’avait jamais vu m’a interpellé et critiqué sur mon activité. Je n’ai plus pris de photos que de personnes connues et bien consentantes…
    Une compagne m’a suivi à Léo, au Burkina. Ne sachant pas trop quoi faire, elle m’a piqué mon
    appareil et s’est mise photographe de village. Les gens l’a

  4. Il y a un bug : tout se met à sauter quand on dépasse un certain nombre de lignes…
    "Les gens l’appellaient pour des photos de famille, de cérémonies. Elle gardait un double des photos en guise de paiement de son "travail". Le résultat était génial mais elle n’a jamais voulu l’exposer, malgré ses excellentes relations avec l’ONG qui m’a employé peu après. Très dommage.
    Mais toutes les photos étaient prises en toute conscience des sujets.
    En un mot comme en cent, il faut demander l’avis des sujets. Eventuellement après, pour garder la spontanéité. Il suffit de montrer et discuter avec les gens. La photo volée, ça eût payé, mais aujourd’hui…

  5. J’ai écrit cela : "Votre réponse me convient à moi, qui ne me suis pas retrouvé en situation". Il m’arrive d’oublier que j’ai eu plusieurs vies. Dans la vie des blogs, vous vous faites des correspondants réguliers. L’un d’eux m’a avoué m’avoir reconnu dans une photo du camarade Mario Del C au premier rang de la fameuse manif du comptoir suisse contre la présence du Portugal en 1974. Avec en main un drapeau rouge dont le manche était disons plutôt large. Photo exposée dans cet espace sous l’hôtel de ville à la Palud. J’avais vu cette expo et je me disais que personne ne m’y reconnaîtrait. On peut se tromper. Et à l’époque, pas d’internet. Juste les fiches…

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