«Patience, a demandé François Hollande lors de sa conférence de presse jeudi. C’est la France de demain et même d’après-demain que nous préparons». On admettra volontiers que la tâche du président français et de son gouvernement n’est pas facile. Car en attendant la France de demain, celle d’aujourd’hui n’a pas bonne mine. Dans le Tages Anzeiger, Mark Dittli la qualifie de "vrai homme malade de l’Europe" et en fait le test de résistance pour l’UE, où l’accalmie actuelle sur le front des taux obligataires est artificiellement entretenue par les interventions des banques centrales. Il n’est pas le premier à affirmer cela. L’intérêt de son texte (en allemand) réside dans les références qui l’émaillent et les graphiques qui l’illustrent. J’en reproduis l’essentiel ci-dessous.
1. Retour à la récession
Le creux est moins marqué qu’en 2008, mais c’est la troisième fois sur cinq ans que le pays est dans le rouge.
2. Le chômage augmente, alors qu’il baisse en Allemagne
Il est actuellement deux fois plus élevé dans l’Hexagone qu’Outre-Rhin.
3. Trouver un emploi devient toujours plus difficile
On comptait en moyenne 330 jours pour réinsérer un chômeur dans le marché de l’emploi avant la crise, contre près de 600 aujourd’hui.
4. Les intentions d’embauche du secteur privé sont en baisse
Elle atteignent le deuxième creux le plus important sur dix ans.
5. Le coût du travail augmente plus vite qu’en Allemagne
6. La part aux exportations industrielles européennes diminue
7. La part de l’exportation dans les services diminue aussi
8. Le prix moyen des maisons est comparativement plus élevé
Il n’a pas connu de baisse, comme en Espagne, et se stabilise à haut niveau.
9. Malgré ces indices défavorables, le taux des obligations d’Etat françaises à 10 ans reste historiquement bas…
10. … Mais, à part les banques japonaises, ce sont essentiellement des banques françaises qui les achètent
L’ensemble de ces données relativise "l’offensive" qu’a annoncée François Hollande jeudi pour créer un "gouvernement économique" de la zone euro autour d’un véritable président nommé pour une durée longue". D’abord, l’idée n’est pas neuve, comme le relève Le Monde (payant). Ensuite, pour qu’elle surmonte les réticences qui l’accueillent depuis vingt ans, il faudrait qu’elle émane d’un pays plus crédible dans ses résultats que ne l’est la France actuelle. La proposition du président est plus à usage interne qu’externe.






Alors, là, voilà un journal suisse-allemand qui a perdu l’occasion de se taire !
Et, oui, je vais faire de la germanophobie primaire, et je le démontre.
Cela m’est d’autant plus facile que je suis française, donc concernée par l’état de mon pays, au sein de l’Europe.
Donc, avec des graphiques, ce journal prétend que la France est l’homme malade de l’Union, après la Grèce, le Portugal et l’Espagne.
Ce qu’il y a de pratique avec un graphique, c’est qu’on oublie le reste.
Ce ne sont pas les chiffres qui mentent mais la façon dont ils sont rangés, interprétés.
Moi, j’aimerais bien qu’on demande aux Allemands ce qu’ils seront, socialement dans moins de 20 ans :
- faute d’enfants …
- faute de banques financièrement solides, mal gérées et insuffisamment financées parce que n’ayant pas la taille (la masse) critique pour aborder le marché international.
- faute de respecter l’esprit européen (ils jouent "personnel", exploitent leurs "cousins" de l’ex-RDA et les pays de l’est …)
- faute d’avoir su réagir politiquement du temps de Schröder avec des décisions non pérennes.
je ne suis pas la seule à dénigrer, d’autres, plus prestigieux et compétents, s’en chargent :
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130410trib000758603/la-magistrale-lecon-d-economie-de-george-soros-a-angela-merkel.html
L’Allemagne profite d’un euro sous évalué par rapport à la valeur du Mark à l’époque du basculement.
Elle "réussit" économiquement grâce à l’export parce qu’elle a sacrifié sa consommation intérieure, donc ses citoyens.
Sa position n’est pas pérenne à terme mais il n’y a pas pour l’instant, de dirigeant européen suffisamment courageux pour lui dire "zut" (pour resté poli).
Et en attendant, tout le monde trinque.
Avec vos documents, il est possible de dire que :
- l’on ne voit pas les banques allemandes investir dans les dettes souveraines, parce qu’elles craignent pour leur rentabilité.
- Les prix de l’immobilier allemand sont les plus bas parce qu’il n’y a pas d’acheteur (pas de jeune couple avec enfants …, les plus âgés sont en maison de retraite …)
- les services ne s’exportent pas en France parce qu’ils sont produit à l’étranger et que seuls restent sur le sol national les sièges sociaux. Ce qui est rai pour les services, l’est encore plus pour l’industrie, vive la mondialisation dont les dirigeants français sont les plus friands.
- c’est facile de contenir les salaires quand il n’existe pas de SMIC au point de s’enorgueillir d’avoir le plus de travailleurs pauvres chez les jeunes générations …
Faut-il continuer ?
Il existe bien un modèle allemand : celui à ne pas suivre !
@fultrix
Trop facile et habituel de comparer un état existant avec un état qui pourrait être. L’allemagne n’a sans doute pas que des atouts, y a-t-il des pays qui cumulent tous les atouts? Mais elle a démontré qu’elle peut se réformer et qu’elle a réussi sa réunification. La france n’a pas encore fait preuve de ses qualités de réactivité et de réforme et elle n’en prend pas le chemin.