Il y a juste une semaine, le ministre de la « meilleure armée du monde », Ueli Maurer, annonçait la fin de la Patrouille Suisse pour 2016. «Nous n’avons plus d’avions pour faire du folklore», argumentait-il. C’était compter sans l’attachement viscéral des Suisses à leurs jets aux couleurs helvétiques: les protestations ont presque rivalisé en intensité avec celles suscitées par les 72 millions de Daniel Vasella. Il paraît même qu’Adolf Ogi avait averti Maurer: « Il y a deux choses que tu ne dois jamais faire, lui avait-il dit: supprimer la Patrouille des Glaciers et la Patrouille Suisse. »
Donc, virage sur l’aile. Ulei Maurer assure aujourd’hui que la Patrouille Suisse « continuera d’exister », pour la plus grande joie des grands et des petits.
Il se consolera en se disant qu’il n’est pas le seul. Le premier ministre David Cameron, au cours d’un voyage en Inde où il présente les excuses de son pays (pas officiellement, mais quand même un peu) pour le massacre commis par les Britanniques en 1919 à Amritsar, a fait savoir que tant qu’il sera au pouvoir, l’avenir de la patrouille aérienne Royal Air Force les Flèches Rouges (Red Arrows) sera assuré. C’est que même au Royaume-Uni, les coupes budgétaires menaçaient les loopings de Sa Majesté.
A moins que, dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agisse que d’un habile chantage au joujou patriotique pour défendre le budget militaire dans son ensemble.