Il faut le dire et le répéter: le Fuji X100 est un appareil remarquable en raison de sa qualité d’images, de son style et de sa finition. L’été dernier, je n’ai emporté que ce boîtier muni de son objectif fixe 23mm (équivalent 35mm en plein format) pour un séjour de trois semaines dans le Lake District britannique (galerie ici). Je n’ai pas regretté une seconde l’absence d’un zoom ou d’objectifs interchangeables, l’appareil était toujours à mes côtés, léger et discret, et les images qu’il restitue ont quelque chose de très naturel. Allez… juste une récente en passant: les pensionnaires aquatiques du port de Morges, photographiés le week-end dernier:
En plus, le X100 est superstable et bruite très peu jusqu’à 1600 ISO inclus.
Son talon d’Achille, on le sait, est un autofocus relativement lent par rapport à la concurrence - une faiblesse partiellement, mais pas totalement corrigée par les mises à jour du logiciel. Par ailleurs, la mise au point manuelle est pénible puisqu’il faut tourner la bague de nombreuses fois pour passer de l’infini à une distance rapprochée. Ces défauts font que nombre de photographes ont renoncé au X100, ou l’ont revendu, alors qu’il n’est pas loin de représenter le deuxième boîtier idéal pour le voyage.
Le X100s présenté aujourd’hui en ouverture de la CES à Las Vegas (page officielle ici) est-il ce bébé tant attendu? Si l’apparence extérieure ne change pas d’un iota (tant mieux), le changement principal est à l’intérieur, soit l’apparition d’un système autofocus hybride à détection de phase et à mesure de contraste, affichant, sur le papier du moins, un temps de réaction d’un centième de seconde. Fujifilm affirme qu’il est "le plus rapide du monde", ce qui reste bien sûr à confirmer par des tests. Même s’il ne figure "que" parmi les plus rapides, ce sera déjà un net progrès.
L’autre nouveauté est un capteur APS-C de 16,3 mégapixels (contre 12,1 pour le X100) sans filtre passe-bas, d’où une résolution améliorée d’un quart et une réduction du bruit de 30%, toujours selon les données du constructeur. Là aussi, compte tenu de la définition du X100, déjà excellente, cela promet de titiller des concurrents à capteur plein format. Le processeur est plus rapide, ce qui accélère le temps de mise en marche à 0,5 secondes.
Enfin, le X100s est équipé d’un système de visée dont une partie de l’image est coupée en deux diamétralement, les lignes de l’image coïncidant quand la mise au point est nette (vidéo de démonstration ici et ici). Cette solution, qu’avaient adoptée les bons vieux appareils réflex argentiques, est précise et efficace (on peut voir comment cela fonctionne sur cette présentation assez détaillée du X100s par Imaging Resource). Fuji y ajoute le "focus peaking", c’est-à-dire la mise en surbrillance de la zone nette. Tout cela est bel et bon, mais une telle aide à la mise au point manuelle ne sera vraiment utile que si la réactivité de la bague de mise au point est améliorée. Là-dessus, la vidéo annonce des Fuji Guys semble montrer une réelle amélioration. Attendons les premières prises en mains pour savoir s’il s’agit d’une amélioration déterminante.
Si tel est le cas, le X100s serait superbement équipé pour devenir un as de la photographie de rue, et les professionnels qui hésitaient à l’acheter seront tentés, même s’il coûte 300 à 400 francs de plus que le modèle actuel (DP review parle d’un "mouth-watering prospect" - une "perspective qui fait saliver"). D’après le site de Steve Huff, le X100s est disponible en précommande chez Amazon au prix de 1300 dollars, on serait donc bien dans la fourchette de prix indiquée.
Actualisation le 14 février: Toujours pas de test en profondeur du X100s à ce jour. Bien que Fuji ait apparemment décidé de ne rien changer au boîtier de l’appareil, j’aurais pour ma part quatre voeux à formuler, sachant qu’ils ont peu de chances de se réaliser, cette fois-ci en tout cas:
1. Un renflement plus prononcé de la partie droite du boîtier. Personnellement, je n’aime pas me balader avec un appareil autour du cou, comme un touriste japonais, et préfère le tenir de la main droite en l’assurant avec une dragonne ou une fine courroie. C’est plus discret et plus rapide. Or la prise en mains du X100 reste un peu précaire par rapport à des modèles concurrents. Une telle modification permettrait aussi de mettre une pile plus grosse, donc d’augmenter l’autonomie.
2. Fermeture mieux sécurisée du compartiment à piles. Il m’est arrivé deux ou trois fois que celui-ci s’ouvre de façon intempestive, et vu la finesse du métal, c’est une chance qu’au faux mouvement n’ait pas provoqué de dégâts. Cela ne devrait pas arriver sur un boîtier de cette catégorie.
3. Durcir la mollette de compensation d’exposition (ou l’éloigner du bord arrière droit du boîtier). Plusieurs utilisateurs, dont je fais partie, ont observé qu’un mouvement incontrôlé du pouce risque de modifier l’exposition sans qu’on s’en rende compte. Une mollette légèrement en retrait, ou moins réactive, résoudraient ce problème.
4. Idem pour le bouton de navigation arrière. Là aussi, il peut arriver que dans le feu de l’action, le pouce change sans qu’on s’en rende compte la balance des blancs ou le mode de prise de vue (rafale, retardateur, etc.).
Avec ces modifications, le X100s ou s+ serait presque parfait.
Cet appareil me tente de plus en plus… Il est magnifique (sur le papier / écran) !!
J’attends de voir les premiers tests mais, il me semble extra sur beaucoup de points.
Les quelques défauts du X100 vont sans doute être corrigés !