samedi 25 septembre 2010

L'homme qui laisse éructer Mahmoud Ahmadinejad

C'est un samedi pluvieux, un bon temps pour rêvasser.
Imaginer, par exemple, ce qui aurait pu se passer à l'assemblée générale de l'ONU quand Mahmoud Ahmadinejad a grossièrement abusé de la tribune qui lui était offerte, sur un tout autre sujet, pour accuser les Etats-Unis d'avoir eux-mêmes organisés les attentats du 11 septembre.
Il aurait pu arriver par exemple qu'un président de séance courageux - et même un peu téméraire - l'interrompe pour lui demander de quitter immédiatement le micro, ou à défaut le lui fasse couper, pour bien souligner que si l'ONU est un lieu de dialogue, ce n'est pas le déversoir de la haine et de la propagande. Pour montrer que cette organisation a parfois des couilles et a fait quelque progrès depuis que sa soeur aînée Société des nations restait tétanisée face aux cobras fascistes.
Mais le président de l'assemblée générale de l'ONU est un professeur fribourgeois, ex-conseiller fédéral qui se nomme Joseph Deiss. Il n'a rien dit, rien fait. Pas de vagues, nous sommes neutres.
Il s'était signalé dans son discours d'ouverture par un appel à la ponctualité - il n'est quand même pas allé jusqu'à accrocher un coucou au-dessus de son siège. Appel qui n'a pas été entendu par Barack Obama, lequel est arrivé en retard à l'assemblée générale, où il s'exprimait dans la même séance qu'Ahmadinejad. Cela a donné à l'occasion à la présidente de la Confédération Doris Leuthard d'improviser un rôle de vedette américaine et de prononcer, à la place d'Obama retardé, un de ces discours que l'histoire ne retiendra pas.
Quand le président iranien a lancé ses âneries fielleuses, nombre de délégations ont quitté la salle en guise de protestation. Pas celle de la Suisse, parce que "l'ONU est un lieu de dialogue, nous écoutons tous les avis, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux", a doctement expliqué un de ses représentants à l'agence télégraphique suisse. Accuser les Etats-Unis d'avoir organisé eux-mêmes le massacre de 3000 de leurs citoyens est donc un "avis" - comme la négation de l'Holocauste peut-être? Pas de vagues, nous sommes neutres.
Soyons justes: la délégation suisse à l'ONU fait du bon travail. Elle n'y est pas depuis très longtemps (la Suisse est membre depuis 1996) et s'est signalée par son sérieux, sa maîtrise des dossiers, ce qui est la moindre des choses qu'on attend d'un pays très développé et disposant d'une forte tradition diplomatique.
Mais la neutralité suisse reste un concept que je n'ai jamais bien compris, et ce n'est pas Joseph Deiss qui m'y aidera.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

IL N'Y A QUE LA VERITE QUI BLESSE ! Bravo à la délégation suisse qui n'a pas quitté la salle. Il est grand temps qu'une enquête sérieuse soit entreprise sur les évènements du 11/9 et l'on saura peut être enfin la vérité. Ce qui est indigne c'est de fermer les yeux alors qu'il y a suffisamment de faits troublants permettant d'avoir de sérieux doutes sur la version officielle. Les familles des victimes attendent toujours une vraie enquête et un procès.

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