lundi 19 juillet 2010

Goldman Sachs, épilogue

La nouvelle n'est plus de toute première fraîcheur, mais c'est une petite remarque du Financial Times qui me pousse à y revenir.
Jeudi dernier 15 juillet, la banque d'affaires Goldman Sachs a trouvé un arrangement avec le gendarme boursier américain SEC qui l'accusait, grosso modo, de tromper ses clients en leur faisant avaler à grandes lampées de marketing des produits financiers pourris sur lesquels elle-même pariait à la baisse. L'affaire avait fait grand bruit. La SEC s'attaquait au géant Goldman Sachs, à la banque-modèle qui avait traversé la tempête sans sourciller... Quelle audace! admiraient les uns. Quelle inconscience! ricanaient les autres.
La partie se termine sur un match nul. Ou plutôt, elle ne s'est pas jouée. Selon une habitude chère aux Américains, l'enquête s'est conclue prématurément par un arrangement. Goldman Sachs paie une amende de 550 millions de dollars, la plus élevée infligée à une banque de Wall Street, et admet du bout des lèvres une "erreur" de marketing. Mais, et c'est là que la remarque du FT prend tout son sel, le montant de l'amende reste inférieur à celui de la fraude que la SEC reprochait à GS, et il représente une semaine de revenus de négoce pour les petits génies de Goldman Sachs.
Pensez-vous qu'un tel coup de massue va les effaroucher? Pensez-vous que la nouvelle réglementation financière approuvée la semaine dernière aux Etats-Unis change quoi que ce soit à la culture de rapacité et de court-termisme qui caractérise ce secteur?
Si vous le pensez, je suis intéressé de lire vos commentaires ci-dessous. Sinon, passons à autre chose. Une des raisons pour lesquelles j'avais commencé ce blog était que la crise financière posait un certain nombre de questions intéressantes, obligeait à reformuler certaines priorités. La fenêtre de tir pendant laquelle cela pouvait être fait se referme. Elle a été utilisée pour renforcer les pare-chocs, sans garantie qu'ils tiennent au prochain accident. Mais les mêmes chauffards criminels sont au volant, et je ne vois pas bien en quoi la signalisation rénovée les empêche d'appuyer à nouveau sur le champignon.
P.S. mardi: les analystes sont tout épouérés, comme on dit en terre vaudoise, parce que le bénéfice de Goldman Sachs a chuté de 82% au second trimestre. Ce qui est incroyable, c'est que la banque ait réalisé un bénéfice, malgré l'amende infligée pour ses turpitudes passées, malgré les marchés mauvais!

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