mardi 4 mai 2010

Les travaux de Grübel

2,2 milliards de francs de bénéfice net au premier trimestre: UBS confirme les prévisions et "dépasse même légèrement les attentes", comme on dit en jargon d'analyste. Après la descente aux enfers de cette banque sauvée deux fois par l'Etat et trahie par ses anciens dirigeants, il faut saluer le redressement opéré par Oswald Grübel - même si le gaillard me laisse un souvenir mitigé. Quand il dirigeait Credit Suisse, je me suis trouvé assis un jour à côté de lui lors d'un de ces repas "rencontre informelle avec les journalistes". A un moment, il a évoqué le grrrrand souci des banquiers: la bureaucratie, la lenteur des politiciens. Ah là, là, pauvre Suisse-escargot... Ce n'est pas comme à Singapour, a-t-il ajouté: là, je peux rencontrer le premier ministre sans délai. Et il a claqué du doigt, juste au-dessus de mon nez, du geste qu'on fait quand on appelle les larbins.
Bon, ben voilà, peut-être que Owsald Grübel a appris les bonnes manières. En tout cas, il a eu le mérite de sortir de sa retraite dorée pour prendre un gros risque.
Côté positif, les actifs pourris d'UBS reprennent de la valeur (+230 millions) au fur et à mesure que le marché reprend quelques couleurs.
Côté neutre, les expositions de la banque en Grèce et au Portugal sont "insignifiantes", selon le chef des finances Jim Cryan (retenez bien ce mot et ce nom, on ne sait jamais). En Espagne, les risques sont un peu plus élevés, mais pas énormes, ajoute-t-il.
Côté négatif, les sorties nettes de fonds se poursuivent - 18 milliards de francs au total. L'hémorragie diminue, mais elle n'est pas enrayée.

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