dimanche 2 mai 2010

Confessions d'une "chérie-tiroir"

Jérôme Kerviel, ça vous dit encore quelque chose? La Société Générale, les milliards partis en fumée lors de la crise financière...
Dans un peu plus d'un mois, Jérôme Kerviel sera jugé. Alors il prépare le terrain, va publier un livre intitulé "L'Engrenage, mémoire d'un trader" (yeah! man, ça sonne bien!) et, en attendant, se confie au Journal du dimanche. Extrait:
"J'évoluais dans un milieu complètement déconnecté de la réalité, et par certains aspects irresponsable. Le seul leitmotiv, c'est de faire le maximum d'argent dans le minimum de temps, et peu importe comment. Il faut faire de l'argent pour la banque. On brasse des sommes phénoménales. On perd la notion des montants, ça va tellement vite qu'on n'a plus le temps de réfléchir. Oui, j'étais partie prenante de se système. (...) Pour nos chefs, on est des "gagneuses". A la fin de la journée, on entendait la phrase: "Relevé des compteurs!". "Combien t'as fait? T'as été une bonne gagneuse aujourd'hui !". Tous les traders ont entendu ça."
C'est-y-pas joli, ça? Des gagneuses... Des putes, quoi. De luxe, bien sûr, mais qui ne savaient plus très bien ce qu'elles faisaient, comme si on leur avait fait aspirer des lignes de coke.
Hier au Salon du Livre et de la presse, il y avait un chouette débat sur le "français jubilatoire d'Afrique". Ainsi, l'écrivain béninois Florent Couao-Zotti rebaptise les prostituées "chéries-trottoir", "chéries-foutoir" ou "chéries publiques".
Pour les traders, on pourrait imaginer "chéries-tiroir".
"Une chose est sûre, je ne retournerai pas dans une salle de marchés", continue Jérôme Kerviel.
Et Fabrice Tourre, la gagneuse de chez Goldman Sachs qui témoignait l'autre jour, tout rose, tout frais dans son costard et bien droit dans ses pompes cirées, face à une commission du Sénat américain? Il ne respirait pas la contrition, Fabulous Fab. Bien drillé par la banque, le style "j'assume et je me défendrai".
Le Wall Street Journal ne donne pas cher des chances de l'Etat face à GS. Le WSJ est le journal des banquiers. Quant à Warren Buffett, il a apporté son soutien au patron de GS Lloyd Blankfein devant ses fidèles massés à Omaha dans l'Eglise du Fric. Et il a joué du ukulele pour les motiver.
"Honolulu baby, sure know your stuff
Honolulu baby, gonna call your bluff"

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire