Juan Antonio Samaranch est mort à l'âge de 89 ans. Je ne sais pas s'il avait encore sa chambre réservée en permanence au Lausanne-Palace. Ce dont je me souviens en revanche, c'est du marron qu'il sortit de sa poche et tritura d'une main pendant tout le temps que dura l'interview que je fis de lui en 1999, en plein scandale de corruption du mouvement olympique. Un vieux tic, m'apprit alors ma collègue Myriam Meuwly, qui m'accompagnait et rédigea pour Le Temps un portrait nuancé du Catalan.
Ancien franquiste, comme le dénonçait le journaliste britannique Andrew Jennings, grand pourfendeur du CIO? Tendance molle, corrigeait Myriam.
Samaranch était d'abord un homme de réseaux, sautant sur les opportunités. Un diplomate éminemment flexible. Patron de l'olympisme de 1980 à 2001, il a fait d'un mouvement assez confidentiel la machine médiatique et marketing qu'il est devenu, pour le pire et le meilleur. Tandis que la presse, américaine surtout, se déchaînait contre lui et les petits cadeaux aux notables corrompus du CIO, il semblait regarder au-delà se ses accusateurs, l'air de dire: "Quand vous aurez vu le monde, comme moi..."
Lausanne, devenue capitale mondiale du sport en bonne partie grâce à lui, n'a jamais osé lui offrir la bourgeoisie d'honneur qu'elle accordait ric-rac à Maurice Béjart: trop explosif politiquement. Samaranch en fut blessé, dit-on, mais n'en parla pas. C'était au fond un homme assez secret, triturant son marron.
A choisir, je le préfère encore à Brian Ecclestone, grand évadé fiscal devant l'éternel avec la complicité d'un avocat genevois.
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