C'est, pour quelque temps encore, la deuxième économie de la planète. Un pays qui continue de fasciner par sa culture et son histoire.
Mais il se passe quelque chose d'étrange au Japon. Comme un grand naufrage dans une brume ouatée, sous le regard indifférent des observateurs et, dirait-on, des Japonais eux-mêmes.
La nouvelle qui me frappe ce matin est la chute vertigineuse du premier ministre Yukio Hatoyama dans les sondages: plus qu'un quart d'avis favorables, contre 71% au moment de son élection en septembre 2009 (on parlait alors de "victoire historique" face au parti libéral-démocrate qui tenait le pays depuis 55 ans). Je ne me souviens d'aucun chef de gouvernement d'un grand pays industrialisé qui ait dégringolé aussi vite.
Le Japon vit avec une dette publique (230% du PIB) qui fait passer la Grèce pour un modèle de vertu. Le gouvernement emprunte grosso modo un franc sur deux pour boucler son budget - dont un cinquième sert à payer les intérêts de la dette, justement. Si les marchés ne s'affolent pas encore, c'est que les Japonais, contrairement aux Grecs, sont plutôt fourmis: ils épargnent. Ou, plus précisément, ils grignotent gentiment leur épargne en vieillissant. Comme leur économie flirte depuis vingt ans avec la déflation, leur capital ne s'écorne pas trop vite.
Toyota n'est plus le modèle de fiabilité qui l'avait propulsé au sommet. En janvier, Japan Airlines a signé la plus grande faillite non bancaire de l'histoire de l'archipel.
Les Japonais ne sont plus très copains avec les militaires américains et protestent avec une belle régularité pour l'évacuation des bases US sur l'île d'Okinawa. Le gouvernement laisse pourrir le dossier, ne sachant pas trop comment naviguer entre une opinion hostile et un gouvernement américain à bout de patience. Les Japonais ne sont pas très copains avec les Chinois non plus, même s'il faut bien commercer avec cet incontournable partenaire et sous-traiter chez lui. En fait, les Japonais ne sont pas très copains avec grand monde. Ils n'ont pas l'air particulièrement malheureux non plus - du moins par les échos qu'on en a ici. On dirait qu'ils se laissent glisser.
On peut s'en désintéresser. Ou se dire que cette société du troisième âge sans volonté, sans projet, en préfigure d'autres, plus proches de nous.
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