samedi 15 août 2009

R.I.P.

Sympa, la rentrée. Au kiosque m'attend la dernière édition de PME Magazine, qui se demande si la presse romande "survivra à la crise". A l'intérieur figurent des chiffres sur la chute de la publicité (entre 20 et 40%) et moult projets de restructuration, y compris dans le titre qui m'emploie, lequel ne nous a encore pas dit grand chose à ce sujet.
Il y a huit mois, le tout-gratuit sur internet semblait encore être l'unique planche de salut, dans l'espoir d'y attirer du trafic, puis de la pub selon le bon vieux modèle consistant à vendre de l'info au lecteur, puis le lecteur à un annonceur. Aujourd'hui, il paraît que ce n'est plus du tout "in". Depuis que le vieux Rupert Murdoch a déclaré qu'il ferait payer pour le contenu en ligne - pour le Wall Street Journal, ça passe déjà, mais pour le reste? - les éditeurs, confrontés à une chute des annonces à laquelle ils ne s'attendaient pas sur le web, phosphorent à toute allure.
Un des projets les plus en vue est Journalism Online, qui propose un accès payant, simple et unique à un site fédérant un maximum de journaux. Le lecteur aurait le choix de payer à l'article, au mois, à l'année, pour un "bouquet" de titres composé selon son goût. Les éditeurs profiteraient de l'effet de masse d'un portail unique gérant la fastidieuse tâche des paiements et de contrôle des accès.
Sur le papier, ce n'est pas inintéressant. Il paraît que 500 journaux ont déjà manifesté leur intérêt à rejoindre la plateforme. Mais encore une fois, on concentre son énergie sur la recherche de modèles d'affaires dont il n'y aucun miracle à attendre. A part les solutions loufoques comme celle-ci, la seule question qui compte est: ai-je ce matin un article exclusif, dérangeant, intéressant, bien écrit ou marrant pour lequel les lecteurs sont prêts à payer - peu importe sur quel support? Si la réponse est non, je ne mérite pas de survivre.
Amen.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire