Intéressant commentaire de Stephen Roach ce matin, intitulé "The Case against Ben", à propos de la reconduction de Ben Bernanke à la tête de la Réserve fédérale américaine par Barack Obama.Roach nourrit son scepticisme de trois erreurs qu'il pense avoir décelées chez Bernanke.
1. Celui-ci partageait "la conviction agnostique" de son prédécesseur en ce qui concerne les bulles. En clair, attendre qu'elles éclatent et agir après. Corollaire de cette attitude, la Fed est restée assez passive du côté des taux d'intérêts quand les marchés ont commencé à s'emballer.
2. Bernanke est un adepte de la théorie de l'excès d'épargne, en Asie notamment ("savings glut") qui a fait pression sur les actifs américains. Roach la partage en partie mais pense que cela n'excuse pas le déni de réalité des autorités américaines, Fed comprise, face au comportement irresponsable des consommateurs/propriétaires nationaux.
3. Bernanke hérite en partie de l'obsession libertarienne de son prédécesseur Greenspan à propos des marchés "qui-ont-toujours-raison-au-final". L'explosion non contrôlée des dérivés de crédits et des effets de levier ont créé un monde financier massivement instable, dont nous ne savons pas encore vraiment comment sortir. A ce sujet, il est intéressant de lire la dernière contribution de Philip Hildebrand, futur président du directoire de la Banque nationale suisse.
Ainsi, conclut Roach, il est prématuré de présenter Ben Bernanke en héros de la crise - les marchés sont calmés pour l'instant, les banques encore fragiles - et imprudent de donner à la Fed autant de pouvoir pour dicter les règles futures de conduite permettant de réduire les risques systémiques.
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Il y a 5 heures

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