vendredi 15 mai 2009

Premières impressions d'Accra


Du premier pays producteur de cacao, la Côte d'Ivoire, me voici passé dans le second, le Ghana, en une heure d'avion à peine. Difficile d'imaginer plus contrasté que ces deux voisins qui se vouent un certain dédain réciproque.
Les différences? C'est d'abord le bureau de change qui n'est pas en panne informatique à l'aéroport, l'absence de tas d'ordures dans les rues - où les arbres sont aussi plus nombreux - des maisons mieux construites et entretenues, des routes en bon état. On devine tout de suite que le Ghana est un pays en train de remonter la pente, tandis que la Côte d'Ivoire la descend. Mais la différence la plus frappante est dans l'attitude des gens. Comment l'exprimer? Il y a ici un certain défi dans le regard, une indifférence appuyée envers l'étranger blanc. Là où l'Ivoirien salue d'un "Bonne arrivée!" sonore et demande plutôt trois fois qu'une "comment ça va?" le Ghanéen cultive une réserve - je dirais presque une morgue assez british, au risque de passer pour doublement raciste :-)
Sous ses façades décrépites, Abidjan recèle une qualité de vie insoupçonnée: on y mange bien, les lieux de convivialité sont nombreux. Ici, les maisons semblent coquettes, voire riches dans le quartier où je loge, mais les murs d'enceinte sont hérissés de barbelés, pointes d'acier et tessons de bouteille. Les bâtiments officiels conservent le parfum architectural socialiste des années 60-70 tandis que les banques, plus récentes, projettent leurs inévitables façades de verre. L'une d'elles a tout de Goldorak. D'autres "business centers" osent des façades lilas, mauves, et un goût assez marqué pour les colonnes doriques. On se dirait parfois plus aux Caraïbes qu'en Afrique. Contrairement à Abidjan, dont l'urbanisme se "lit" facilement à cause de son organisation en îles et lagunes, et de son centre en gratte-ciel, Accra est un labyrinthe de 2,5 millions d'habitants où s'orienter est plus difficile.
Le seul point commun, ce sont les embouteillages, encore plus inextricables ici car le réseau routier n'a pas du tout suivi l'explosion du trafic. Ils sont envahis, comme à Abidjan, par les vendeurs de rue dont le nombre laisse supposer que bien des Ghanéens cachent une situation plus que précaire sous leur apparente froideur. Le "Yadélo - y'a de l'eau bien fraîche" ivoirien devient à Accra "Yawata" (pure water).
Après avoir rempli deux formulaires, remis trois photographies, payé cinquante cedis (à peu près autant de dollars) et fait trois passages au Ministère de l'information, j'ai obtenu ma carte de presse provisoire ghanéenne (ci-dessus). Elle m'aura coûté de la sueur, celle-là!

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