dimanche 17 mai 2009
Accra, son Makola market, ses embouteillages...
Probablement un des plus grands d'Afrique. Il couvre plusieurs marchés couverts, des terrains vagues et une dizaine de rues dans les deux sens. Cette image prise à un carrefour ne donne qu'une très pâle idée de ce qu'on éprouve en plongeant entre ses étals serrés. En effet, je n'ai pas osé y photographier "en apnée", pour plusieurs raisons. Il y a d'abord la gêne du touriste voyeur: en échange de leur portrait qui m'intéresse, qu'ai-je à offrir à ces solides vendeuses qui s'apostrophent d'un stand à l'autre et m'apostrophent: "What you buy, Sir?". Trente centimes de marchandises les intéresse davantage que le sourire niais du visiteur. Dédommager les "modèles"? Cela provoquerait une ruée. Comme toujours, c'est le temps qui manque. Il faudrait installer une petite imprimante dans sa chambre d'hôtel, faire quelques portraits et revenir distribuer le résultat aux personnes photographiées, se faire connaître et accepter d'elles.
N'ayant pas ce temps, j'achète quelques épices, deux fruits, une bricole, mais pas les rats ou agoutis noircis au grill, ni la tête de cochon qu'une jeune femme transporte dans une grande cuvette en équilibre sur sa tête...
Là est la seconde raison de la difficulté de faire des images: dans ce dédale, celui qui s'arrête un instant crée instantanément un embouteillage piéton et doit justifier cette contravention à la loi générale du mouvement par un achat ou quelque geste utile, justifiable. La question qui m'a toujours fasciné au milieu de tels amoncellements est: comment est-il possible de vendre ne serait-ce que le vingtième de ces piles, souvent semblables, étalées à perte de vue? Comment les range-t-on le soir quand il y a à peine la place pour tendre le bras et se saisir de ce qu'on veut?
Avec ma taille d'occidental, dépassant d'une quinzaine de centimètres celle des femmes locales, ma tête se trouve juste à la hauteur des charges parfois imposantes que transportent les vendeuses. Il faut donc prendre garde non seulement où l'on met les pieds, mais aussi aux objets plus ou moins identifiés qui vous frôlent constamment à hauteur des yeux. Nous avons passé hier deux heures et demie dans ce tintamarre avec Philippe, un consultant français connaisseur en épices et en perles africaines, avant de nous faire agripper de tous côtés au centre artisanal. Rentré en nage.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire