Il fut un temps où Christoph Blocher sentait venir le vent avant les autres, voire le déchaînait lui-même sur la tremblante Berne fédérale. Aujourd'hui, c'est lui qui joue les girouettes.
Gagné par la colère populaire contre UBS, le libéral bon teint se mue en Père Fouettard étatique. Lundi 17 février, lors d'une conférence de presse de l'UDC où deux points de vue diamétralement opposés ont été présentés sur les rapports entre la Confédération et la banque sauvée, Christoph Blocher a proposé qu'UBS et Credit Suisse soient tronçonnées par loi fédérale en entités autonomes, dans l'idée que les filiales suisses (forcément rigoureuses) ne paient pas les pots cassés des étrangères (forcément aventurières). par ailleurs, les salaires directoriaux seraient ramenés au niveau de ceux pratiqués dans les régies fédérales, la Confédération occupant automatiquement un siège au conseil d'administration dès qu'elle détient 10% du capital.
Passons sur la faisabilité technique d'une séparation en filiales autonomes. Passons sur l'avenir, face à la concurrence, de banques ainsi castrées. Ce qui est intéressant dans la vision blochérienne, c'est cette idée que le Mal rôde forcément hors des frontières tandis que le Bien se pelotonne à l'intérieur. Au fait, Christoph, combien les banques suisses ont-elles perdu dans notre crise des "subprime" à nous, à la fin des années 80? Cinquante milliards de francs? Plus?
N'êtes-vous pas frappé, au fond par la similitude de destin entre Christoph Blocher et un certain Marcel Ospel? Les deux ont repris une entreprise qu'ils se sont fait fort de développer: l'UDC pour le premier, UBS pour le second. Les deux ont réussi à en faire exploser les bénéfices (électoraux dans un cas, sonnants et trébuchants dans l'autre). Les deux ont largement bâti leur succès sur du vent. En 18 mois, UBS a détruit la valeur créée en dix ans. Et dans le même laps de temps, nous apprend le baromètre politique de la SonntagsZeitung, l'UDC est retombé au niveau des intentions de vote (22,8%) d'il y a dix ans, grâce notamment aux dissensions internes entretenues par l''ex-conseiller-fédéral-qui-n'en-peut-plus-de-ne-pas-avoit-été-réélu.
Consolez-vous ensemble, Marcel et Christoph, formez le BLC (Bad Looser's Club)
1 commentaires:
j'aime bien la photo d'Ospel en prière
Enregistrer un commentaire