Eric Stauffer n’est pas un menteur. Ce doit être vrai puisque c’est lui qui le dit. Des dettes, qu’il aurait oublié de déclarer à la Chancelerie du canton de Genève avant de se porter candidat au poste de conseiller d’Etat (celle-ci a recensé 43 actes de défaut de 21 créanciers, pour 147 447 francs)? "Ma femme et moi gagnons aujourd’hui plus de 300 000 francs par an et payons nos impôts, Les créanciers me seraient tombés dessus depuis longtemps si je devais vraiment de l’argent", répond-il au Temps. CQFD: la Chancellerie a tort de dire que j’ai tort, puisque rien n’est apparu au grand jour jusqu’ici. Les 11 procédures judiciaires qu’il a aussi omis de mentionner en déposant sa candidature? "Du pipeau. Sur le plan pénal, je suis plaignant dans quatre affaires. Il est vrai que je fais l’objet de deux plaintes pénales, mais je ne savais pas que ces procédures étaient en cours." Ce politicien tellement au fait des moindres rumeurs de la vie genevoise devient curieusement mal informé quand il s’agit de lui-même.
Mal informé et violent. On se souvient de la scène où il a jeté un verre d’eau au visage du député Pierre Weiss en février quand celui-ci lui reprochait, justement, de ne pas être vierge sur le plan pénal.
Eric Stauffer est convaincu que, surmontée cette ultime cabale, il fera bientôt son entrée triomphale au Conseil d’Etat. Les Genevois veulent-ils d’un homme dont l’ego surdimensionné se manifeste régulièrement par la menace et la mauvaise foi, qui joue avec la vérité comme ça l’arrange et entretient avec une partie de la police des raports de connivence qu’il devra cesser s’il exerce une responsabilité exécutive au gouvernement? A eux de répondre dans une quinzaine de jours.